Ecoat rend les peintures plus durables

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La start-up grassoise Ecoat commercialise des résines pour peintures et revêtements à faible impact environnemental. Très impliquée en R&D, elle souhaite à terme révolutionner l’industrie des peintures et des revêtements.

L’équipe d’Ecoat développe et commercialise des résines pour peintures à base de matières renouvelables.

 

Rendre accessible la chimie verte au plus grand nombre d’industriels. Tel est le souhait de la jeune société innovante Ecoat. Basée à Grasse (Alpes-Maritimes), cette start-up commercialise des additifs et des résines à base de matières premières renouvelables pour le secteur des peintures et des revêtements. L’histoire de sa fondation commence quelques années auparavant au sein du groupe chimique Dow/Rohm & Haas. À cette époque, Olivier Choulet et Pierre Chevallier, alors respectivement directeur commercial et responsable des ventes au sein de la division Matériaux pour peintures et revêtements pour la zone Europe/Moyen-Orient/Afrique chez Dow, ont eu l’idée de fonder une entreprise spécialisée dans l’innovation durable. « Nous nous sommes lancés dans cette aventure en nous appuyant sur notre longue expérience au sein d’un grand groupe dans le domaine de la chimie des polymères », raconte Olivier Choulet, actuel président de la jeune entreprise innovante. La société Ecoat vit ainsi le jour en 2011, hébergée au sein de l’incubateur pépinière Innova Grasse et financée par l’incubateur Paca-Est.

Elle commercialise deux séries de produits : des produits “ecofriendly“ de la marque Inokem qui comprend notamment des résines alkydes à base d’eau, et des produits biosourcés de la marque Secoia. « En juin dernier, nous avons lancé au sein de cette gamme une résine pour peintures biosourcées à 97 %, qui a eu un très bon accueil des clients. La gamme Secoia devrait être complétée très prochainement par cinq ou six autres produits en fonction des applications de peinture », indique le président de la start-up. Avant d’ajouter : « Les produits de la gamme Secoia sont fabriqués à partir d’oléagineux comme le soja ou le tournesol et de tall oil ». En ce qui concerne les capacités de production, la jeune société affirme pouvoir d’ores et déjà répondre au marché français de la peinture issue du végétal. « À terme, nous souhaitons subvenir au marché européen et international à l’aide de partenariats », avance Olivier Choulet.

La R&D comme moteur

Outre les produits pour peintures, Ecoat a développé grâce à sa capacité d’innovation un procédé breveté de réticulation chimique, permettant d’augmenter les performances des peintures sans l’usage de catalyseurs contenant des métaux lourds. Pour être performant en R&D, Ecoat a développé un important consortium de R&D avec des partenaires académiques. « Les différents partenaires nous apportent des compétences de R&D dans différents domaines : l’Université de Nice pour les matériaux, l’Université Lyon I pour les synthons végétaux, et l’école d’ingénieur Itech pour l’analyse de peintures végétales », détaille Olivier Choulet. Avant de continuer : « Il ne s’agit en aucun cas d’un consortium fermé. Des sociétés voulant se joindre à nous peuvent intégrer ce consortium ». En termes de R&D proprement dite, la start-up grassoise cherche notamment à élaborer des résines utilisant des acides gras beaucoup moins insaturés qui n’ont pas d’usage alimentaire. Ecoat a pour ambition de devenir un acteur de la chimie du végétal en étant une force d’innovation pour ses clients. « Le fait que nous soyons issus de la chimie traditionnelle des polymères nous permet de proposer un point de vue différent en R&D par rapport aux sociétés du secteur de la chimie verte », soutient Olivier Choulet. Preuve de son caractère innovant, Ecoat vient juste d’être désigné lauréat de la troisième édition du prix ChemStart’Up pour ses polymères biosourcés.

Bien que la création de la société soit toute récente, son activité n’a pas cessé de se développer, comme en témoigne Pierre Chevallier, directeur commercial : « Nous comptons aujourd’hui une équipe de huit ingénieurs-chercheurs pour un chiffre d’affaires d’environ 550 000 € en 2011, et au vu de la tendance du début d’année, nous prévoyons 1 à 1,5 million d’euros de ventes en 2012 ». Et la tendance devrait encore s’accentuer dans les années à venir, puisque la start-up prévoit prochainement une levée de fonds, ce qui permettra d’investir au niveau de la R&D et de l’industrialisation de la production. Des investissements qui l’aideront à atteindre son objectif d’internationalisation.

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