E.ON investit en France dans l’électricité issue de biomasse

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Le groupe énergétique allemand E.ON lance la réalisation, en Provence, d’une unité de production d’électricité fonctionnant à la biomasse. Ce projet, porté par les équipes d’E.ON en France et du groupe depuis plus de deux ans, rentre dans sa phase de mise en œuvre après la signature des contrats de réalisation des travaux avec le groupe Doosan pour la partie chaudière et turbine, et avec le groupe RBL-REI pour la plateforme de stockage et d’approvisionnement. Cet investissement industriel de plus de 230 millions d’euros sera réalisé avec des partenaires financiers dont CDC Infrastructure, filiale de la Caisse des Dépôts.
La nouvelle unité biomasse sera issue de la conversion d’une tranche de production fonctionnant actuellement au charbon (Tranche Provence 4). Elle permettra de pérenniser l’activité industrielle sur la centrale de Gardanne (13) pour une nouvelle période de 20 ans. Les travaux débuteront cet été, ils devraient s’achever d’ici mi-2014, avec un démarrage de l’exploitation début 2015.
La puissance contractualisée de Provence 4 Biomasse est de 150 MW pour couvrir la consommation annuelle électrique de 440 000 ménages (hors chauffage). Cet investissement contribuera à améliorer le bilan CO2 régional de 600 000 tonnes par an.
Provence 4 Biomasse contribuera à l’essor de l’emploi indirect local par la structuration en amont et le développement de la filière « bois-énergie ». Le mix combustible de la nouvelle unité Provence 4 biomasse sera composé à 90% de biomasse et à 10% de produits charbonniers (produits cendreux de récupération PCR). La centrale brûlera environ 850 000 tonnes de combustible biomasse par an.

Une biomasse 100% locale en 2025

La biomasse issue du secteur forestier local, entrera pour près de la moitié dans le mix combustible. La zone d’approvisionnement couvrira les régions PACA et Languedoc-Roussillon, ainsi que les départements limitrophes, soit un rayon de 400 km. A l’horizon 2025, 100 % de l’approvisionnement proviendra de la ressource biomasse locale.
Par exemple, les résidus verts provenant du nettoyage et du débroussaillage des forêts et des espaces verts publics et privés, fourniront à l’horizon 2025, 40 % du combustible local, alors que cette ressource est aujourd’hui largement sous-exploitée. Dans cette ressource figurent également les bois d’arrachage provenant des activités agricoles, vignes et arbres fruitiers. Une petite part du combustible local viendra aussi des bois de recyclage de classe A (palettes, bois d’emballage) ou B (issus de la démolition, de mobilier), triés et recyclés par des acteurs de la filière comme Sita et Veolia.

Ce projet marque un tournant décisif de la réorganisation des activités industrielles d’E.ON en France et renforce sa stratégie de développement basée sur des énergies plus propres et plus performantes. A l’horizon 2020, le groupe rappelle que la France s’est fixée comme objectif d’atteindre une part minimum de 23 % d’énergies renouvelables. La biomasse pourrait représenter jusqu’à 50% de cet objectif. Pour la production d’électricité à partir de biomasse, les objectifs sont de l’accroître de 2300 MW à l’horizon 2020.

Sur la période 2008-2015, l’objectif d’E.ON en France est de réussir à passer d’un parc de production à 98 % charbon et 2 % éolien en 2008, à un parc à 52 % charbon, 36 % gaz, 7,5 % biomasse, 4 % éolien et 0,5 % photovoltaïque en 2015, tout en maintenant la puissance installée.
« Ce projet de conversion d’une unité de production au charbon en chaudière biomasse est un exemple concret de l’ambition de développement d’E.ON en France mais aussi de coopération industrielle franco-allemande au service de la transition énergétique. Ce développement majeur favorise les énergies renouvelables, en droite ligne avec la stratégie du Groupe : une énergie plus propre et plus performante », souligne Luc Poyer, président du directoire d’E.ON France.

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