DNV et Gingko Bioworks sur le créneau des électrofuels

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La plupart des méthodes utilisées pour produire des biocarburants avancés utilisent de la biomasse ou des algues, s’appuyant sur la photosynthèse (hétérotrophie). Mais le bilan énergétique ne serait pas si efficace car les photons du soleil doivent dans un premier temps être convertis en énergie chimique par le biais de molécules stockées dans la plante. Puis ces molécules doivent être transformées en combustible… Or il existe des bactéries qui offrent la possibilité d’un accès plus rapide aux biocarburants en contournant l’étape de la photosynthèse, le procédé requérant à la fois du CO2 et de l’électricité (autotrophie). Le biocarburant obtenu est alors de même nature que les biocarburants issus de matière végétale, mais on parle alors d’électrofuel. A noter que pour des questions de durabilité du procédé, l’électricité apportée peut être d’origine renouvelable. Par ailleurs, ce procédé ne nécessite pas d’ensoleillement direct ce qui offre une plus grande flexibilité dans le choix de l’installation des unités d’électrofuel. Parmi les sociétés qui s’intéressent à cette technologie, les américains DNV Research & Innovation (spécialiste du management du risque) et Gingko Bioworks (société de biologie de synthèse) ont annoncé une avancée importante dans le développement d’une voie microbiologique de conversion du CO2 en carburants et produits chimiques. Ginkgo vient en effet de valider des microorganismes génétiquement modifiés capables d’utiliser comme matière première du formiate pour produire des carburants et produits chimiques (U.S. Patent Application Number 13/285,919, Methods and Systems for Chemoautotrophic Production of Organic Compounds). De son côté, DNV met à disposition son procédé ECFORM plusieurs fois breveté. Il correspond à une réduction électrochimique du CO2 en sel de formiate et acide formique qui viendront alimenter les bactéries de Gingko. Ce procédé ECFORM étant déjà au stade de la démonstration, l’association des deux sociétés offre à la technologie des électrofuels une opportunité de montée en échelle plus rapide en vue d’une future industrialisation.

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