Dispositifs médicaux : Le pouvoir cicatrisant des algues brunes

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Les compresses Algosteril des Laboratoires Brothier sont destinées au personnel médical et hospitalier.© Laboratoires Brothier

 

Depuis 1950, la marque Coalgan des Laboratoires Brothier stoppe les saignements grâce à des compresses et mèches dérivées d’algues brunes.

 

Utiliser des algues pour arrêter les saignements. Cela peut paraître saugrenu, mais nous sommes nombreux à en avoir fait l’expérience. Dès 1950, les laboratoires Brothier ont lancé sur le marché des compresses sous la marque Coalgan, destinées au traitement de plaies ou de saignements de nez (épistaxis). La plupart des utilisateurs ne le savent peut-être pas, mais ce produit que l’on peut retrouver dans toutes les trousses de premiers soins est issu de ressources renouvelables.
« Nos gammes de compresses et mèches sont fabriquées à partir d’une algue brune (Laminaria hyperborea) provenant de plusieurs lieux de récolte en Norvège, au Chili et en Bretagne », détaille Christian Girardière, président des Laboratoires Brothier. Avant de compléter : « Nous en tirons un extrait d’acide alginique que nous transformons en poudre d’alginate de calcium ». La technologie des produits des Laboratoires Brothier s’appuie sur le principe suivant : en contact avec le sang, les ions calcium de l’alginate sont libérés et un échange ionique s’effectue avec les ions sodium de l’organisme. Cet échange a pour effet de gélifier les fibres de la compresse et favorise également l’agrégation de plaquettes sanguines, aboutissant à l’arrêt du saignement. C’est en se basant sur cette technologie que les Laboratoires Brothier ont progressivement complété leur portefeuille. Ainsi, la société commercialise également sa gamme Algostéril destinée au traitement de plaies chirurgicales et traumatiques, ainsi que des gaines résorbables ForeSeal pour la chirurgie thoracique.

 

Un procédé de fabrication inspiré du textile

Pour produire ses compresses et mèches, les Laboratoires Brothier ont utilisé un procédé de filature humide utilisé dans le domaine du textile technique. « Une solution d’alginate de calcium est injectée dans un bain de chlorure de calcium pour la fabrication de fibres réversibles. L’excès de solvant est ensuite séché à 200 °C pour obtenir une fibre textile », explique Hervé Richard, directeur médico-marketing des Laboratoires Brothier. Ces fibres d’alginate de calcium pur sont ensuite mises sous forme de compresses et de mèches. « L’ensemble du processus de production fait appel à des installations et matériels spécifiquement développés en interne par nos équipes d’ingénierie », précise Hervé Richard.

Les produits des Laboratoires Brothier reflètent l’esprit très porté sur la R&D de la société. Ce qui lui a permis de développer une expertise contribuant à la participation du groupe à de nombreuses études cliniques sur les dispositifs médicaux pour la cicatrisation et l’hémostase. Cette reconnaissance a aidé à établir de nombreux partenariats avec des hôpitaux et des instituts de recherche publique comme le CNRS ou l’Inserm. « Au niveau de l’innovation à long terme en réparation tissulaire, Brothier travaille sur des schémas thérapeutiques basés sur la thérapie cellulaire et le biomimétisme », confie Hervé Richard.

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