Des perspectives mitigées pour la chimie verte en France

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Spécialisé dans les études économiques sectorielles, Xerfi a publié une étude, « La chimie verte en France – Perspectives du marché de la chimie du végétal à l’horizon 2017 et analyse du jeu concurrentiel », réalisée par Flavien Vottero. Le cabinet rappelle un contexte porteur entre « la dépendance aux hydrocarbures, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et le retour à la naturalité au sein des sociétés occidentales » auquel s’ajoute « la volonté des entreprises utilisatrices de molécules chimique de réduire leur empreinte carbone ». Xerfi cite ainsi la part de 12 % des approvisionnements pour la fabrication de produits chimiques avec des matières biosourcées en 2014. « Une part qui devrait grimper à 15 % d’ici 2017 selon les engagements de l’Union des industries chimiques », précise Xerfi. Et le cabinet d’analyse souligne les atouts de la France dans ce domaine : « recherche scientifique de qualité dans les biotechnologies, grands groupes de l’agro-industrie (Roquette, Sofiprotéol…) parmi les leaders mondiaux de la valorisation des matières premières agricoles et vivier de start-up (Metabolic Explorer, Deinove ou Fermentalg) ».

Des freins à dépasser

Pourtant, Xerfi pointe des freins dans le domaine de la chimie verte. Parmi ces freins, on retrouve « la volatilité des cours des matières premières agricoles », « la concurrence des produits importés d’Amérique du Nord ou d’Asie », et « la faible rentabilité des molécules chimiques biosourcées par rapport à la pétrochimie ». Des freins qui pourraient entraîner « une baisse de 5 % du chiffre d’affaires d’un panel représentatifs de spécialistes de la chimie du végétal en 2015 », selon Xerfi. Un recul qui devrait être temporaire, l’analyste estimant que les années 2016 et 2017 seront marquées par une croissance annuelle de 8 %.

Pour renouer avec cette croissance, Xerfi estime que « les acteurs de la chimie végétale devront dans un premier temps dépasser les marchés de niche sur lesquels ils sont positionnés » et surtout il faudra que « leurs nouveaux procédés » passent « le cap décisif de l’industrialisation ». Autre facteur important : l’approvisionnement en matière première renouvelable. Si les grandes coopératives agricoles (Tereos, Roquette et Sofiproteol) disposent d’un véritable avantage compétitif dans ce domaine, tous les acteurs de la chimie verte se heurteront au problème de l’accès à la biomasse. L’essor des produits chimiques biosourcés entraînera indubitablement un conflit concernant l’usage des terrains agricoles. La solution est alors de se repositionner sur l’exploitation de la biomasse lignocellulosique (bois ou paille par exemple) mais aussi des déchets. Xerfi cite également la « valorisation sous forme de produits chimiques des micro-algues ». L’étude réalisée par Xerfi souligne ainsi le potentiel de la chimie du végétal mais aussi les actions à mener.

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