Démonstrateur : Arbiom décroche une subvention européenne de 10,9 M€

Partager cet article avec :
La papeterie Norske Skog Golbey dans les Vosges.

Sylfeed, c’est le nom d’un nouveau projet qui vise à créer une nouvelle chaîne de valeur intégrée « du bois à l’alimentation ». Il est présenté comme « une solution durable aux enjeux mondiaux croissants de la production alimentaire et de nouvelles opportunités de développement économique pour les régions forestières riches en biomasse ». La technologie qui sera mise en œuvre consistera à fractionner de la lignocellulose pour la convertir en sucre puis à le convertir en matière première alimentaire riche en protéines, utilisable pour l’aquaculture, par fermentation. « Le projet Sylfeed offre une nouvelle perspective à la bio-économie : si la lignocellulose est déjà identifiée comme une solution durable pour la chimie et les carburants, elle se révèle aussi être une solution adaptée, durable et utilisable à grande échelle pour résoudre les difficultés globales que rencontre la production alimentaire, et le problème du déficit européen en protéines en particulier » indique Marc Chevrel, p-dg de la filiale française d’Arbiom.

Une subvention pour Arbiom

Le chef de file est la société américaine Arbiom dirigée par Gilles Amsallem, via sa filiale française Biomethodes. Ses partenaires se nomment Laxa, Matis, Norske Skog Golbey, Ostfoldforskning, Prayon, RISE Processum et Skretting (à travers son unité de R&D Skretting Aquaculture Center).

Ensemble, ils ont décroché un financement de BBI-JU de 10,9 millions d’euros, dont environ 8,5 millions d’euros pour Arbiom (dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne sous l’accord de subvention No 745591). Il servira notamment à la construction d’une usine de démonstration d’Arbiom sur le site de Norske Skog à Golbey dans les Vosges. Aujourd’hui on parle de la construction d’un démonstrateur industriel de 5000 t/an de matière végétale, pour un procédé déjà développé à l’échelle pilote.

Nouvelle étape pour Norske Skog Golbey et Arbiom

A noter qu’Arbiom et Norske Skog Golbey sont déjà partenaires depuis novembre 2015, dans le cadre du projet de bioraffinerie Bioskog qui a reçu le soutien de la région Grand Est et du fonds européen Feder. Il s’agit de construire sur le site vosgien des installations d’une capacité de transformation d’au moins 40000 t/an de biomasse forestière par an pour un investissement global de 50 millions d’euros. « Le projet Sylfeed se place dans la continuité de la collaboration entre Norske Skog Golbey et Arbiom. Il permet à la fois d’ouvrir la biomasse forestière à de nouveaux débouchés et de franchir la dernière étape avant la concrétisation de la construction d’une future usine à grande échelle sur le site de Golbey » a précisé Yves Bailly, p-dg de Norske Skog Golbey.

Le rôle des 7 partenaires

Dans le détail, le projet Sylfeed réunit des acteurs représentant 5 pays et couvre toutes les étapes clés de la chaîne de valeur :
– Approvisionnement en biomasse et mise à l’échelle industrielle par Norske Skog Golbey, un des leaders de la production de papier journal en Europe ;
– Fractionnement de la biomasse et conversion en protéines unicellulaires par Arbiom ;
– Traitement de l’acide phosphorique et passage à l’échelle industrielle par la société belge Prayon, leader mondial de l’acide phosphorique ;
– Expertise en protéines unicellulaires par l’institut de recherche suédois RISE Processum  ;
– Formulation de la nourriture pour l’aquaculture et tests par l’institut de recherche islandais Matis ;
– Analyse exhaustive du cycle de vie par le norvégien Østfoldforskning ;
– Validation finale du produit par Laxa (Islande) et Skretting (Norvège), leader mondial de l’alimentation pour l’aquaculture.

A propos d’Arbiom

Arbiom est une société de technologie développant des solutions de conversion de la biomasse non-alimentaire (dont les résidus agricoles et de l’industrie forestière) en intermédiaires durables pour les industries de l’alimentation animale, de la chimie et des carburants biosourcés. En France, Arbiom opère sous le nom de Biomethodes à Évry, au sein du bioparc Genopole. Aux Etats-Unis, Arbiom dispose d’un centre de recherche au Research Triangle Park en Caroline du Nord, et d’une usine pilote à Norton en Virginie. Après 15 années de développement de sa technologie enzymatique et 7 années de mise à l’échelle de son procédé de fractionnement de la biomasse, Arbiom est maintenant engagé dans la consolidation de la chaîne de valeur « du bois à l’alimentation » et « de la biomasse à la chimie biosourcée » en intégrant les industriels traitant la biomasse et les acteurs de l’aquaculture, des biotechnologies blanches et des industries biosourcées.

Partager cet article avec :