Deinove publie ses résultats 2013

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En 2013, la société qui développe de nouveaux procédés industriels à partir de bactéries déinocoques, a intensifié ses efforts en matière de R&D. En conséquence, elle affiche une perte nette en hausse par rapport à l’année 2012. Mais des avancées significatives dans ses programmes de recherche contrebalancent ce résultat.

En 2013, Deinove affiche une perte de 3,4 millions d’euros de résultat net sur un an. Cette évolution s’explique en partie par les dépenses opérationnelles sur l’année 2013, dont 71% sont des dépenses de R&D, qui ont progressé de 23% par rapport à 2012 pour atteindre 5,6 M€. Ces investissements se sont traduits par un renforcement des équipes de R&D (masse salariale en progression de 30%), une amélioration de la plateforme d’ingénierie métabolique et fermentaire et le déménagement dans de nouveaux locaux sur le site du Biopôle Euromédecine de Montpellier. Deinove bénéficie ainsi de 60% de surface de laboratoires supplémentaires. « En 2013, nous avons fortement accru la valeur de notre technologie exclusive fondée sur la maitrise des déinocoques » confie Emmanuel Petiot, directeur général de Deinove. La société n’a perçu aucune subvention en 2013. Ses ressources financières sont principalement composées du Crédit impôt recherche (CIR) et du premier tirage du Programme d’augmentation de capital par exercice d’options (Paceo).

Production de bioéthanol de deuxième génération

Découvertes en 1956 par le biologiste Arthur Anderson, Deinococcus est au cœur de l’activité de la société Deinove depuis sa création en 2006. Si la jeune entreprise mise autant sur les bactéries déinocoques, c’est parce qu’elles possèdent des propriétés exceptionnelles industrialisables. Elles présentent une grande résistance au stress et une faculté à intégrer des fragments d’ADN de façon hautement stable. De plus, leur capacité à fabriquer des molécules d’intérêt à partir de biomasse inutilisable par les autres organismes vivants leur confère un véritable intérêt économique et écologique pour l’industrie. Il y a deux ans, la société a concrétisé son activité en parvenant à transformer des résidus de blé en éthanol sans additif grâce à une souche signée Deinove. Le procédé, baptisé Deinol, utilise une souche qui, dans un premier temps, hydrolyse la lignine, la cellulose et l’hémicellulose issues de biomasse lignocellulosique. Par la suite, cette même souche assure la co-fermentation des sucres C5 ou C6 obtenus permettant la production d’éthanol. En 2013, ce procédé a permis d’atteindre un titre de 9% v/v d’éthanol (bien supérieur aux 5% nécessaires pour envisager une exploitation industrielle) à partir d’une source de glucose dans un fermenteur instrumenté de 20 litres. Deinove ambitionne de passer au stade de pilote industriel d’ici début 2015 pour le procédé Deinol. Compte tenu de l’avancée du projet, la société estime qu’elle sera en mesure de percevoir des revenus de licences à partir de 2016.

Des marchés d’avenir

Deinove exploite déjà le potentiel de ces bactéries dans d’autres domaines. En 2009, la société a lancé un programme de recherche exploratoire avec le soutien de l’agence française pour l’innovation (Oseo), de la Région Languedoc-Roussillon et du Feder pour valider le potentiel antibactérien de la déinothèque. Baptisé Deinobiotics, il a permis d’identifier douze souches bactériennes dotées d’activités antibiotiques. Aux vues des résultats encourageants de ce programme, Deinove a créé en 2013 une filiale dédiée, Deinobiotics SAS, afin de répondre à ses ambitions dans ce domaine. Le programme Deinochem ambitionne quant à lui de produire une nouvelle génération de composés chimiques qui pourront se substituer aux composés petrosourcés à partir de biomasse non alimentaire. Dans un premier temps, Deinove a décidé d’axer ce programme sur les isoprénoïdes, la plus grande famille de substances naturelles au monde. Principalement extraites de plantes ou produits par synthèse chimique pétrosourcée, ces substances font l’objet de nombreuses applications industrielles. On les retrouve notamment dans des polymères tels que l’isopropène dans le caoutchouc. En 2013, dans le cadre d’un Programme d’Investissement d’Avenir, l’Etat, via l’Ademe et le Commissariat général à l’investissement, a attribué à Deinove un financement de 5,9 M€ pour ce projet. D’ici la fin du 1er trimestre 2014, la société devrait encaisser 1,5 M€ de l’Ademe dans le cadre du programme Deinochem ainsi que trois tirages Paceo pour un montant net de 2,2 M€.  Deinove a également commencé à démarcher des industriels afin d’intégrer ses bactéries dans leurs procédés. « Nous sommes convaincus d’aboutir à des partenariats structurants à brève échéance » déclare Emmanuel Petiot.

Alexane Roupioz

 

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