Deinove promet un premier lot industriel de caroténoïdes en 2018

Partager cet article avec :
Deinove travaille désormais sur l'extraction et la purification des caroténoïdes.
Deinove travaille désormais sur l’extraction et la purification des caroténoïdes.

Deinove qui a abandonné récemment les biocarburants pour se recentrer sur les spécialités et les antibiotiques avance désormais à grands pas. La société vient d’annoncer avoir validé l’étape-clé 3 (EC3) de Deinochem dédié à la production biosourcée de caroténoïdes, programme financé par l’Ademe dans le cadre du Programme Investissements d’Avenir.

Ceci confirme les avancées techniques obtenues dans la mise au point du procédé de production. Les seuils cibles de productivité et de rendement ont été atteints à l’échelle du laboratoire avec des souches Déinocoques optimisées. « La validation par l’Ademe de la bonne atteinte des livrables attendus à l’EC3 et le passage du Jalon décisionnel JD3 ont déclenché début décembre le versement d’environ 0,8 million d’euros d’avances remboursables » a déclaré Emmanuel Petiot, directeur général de Deinove. Il a ajouté que cette étape serait suivie d’une 4e et dernière étape qui sera bouclée au 3e trimestre 2017.

Au-delà du travail d’ingénierie génétique, cette dernière étape consistera à mettre au point un procédé d’extraction et de purification des caroténoïdes à partir du milieu de fermentation afin d’obtenir un produit commercialisable. Puis il faudra procéder à la mise à l’échelle du procédé de production en vue de produire les premiers lots industriels en 2018.

Processium partenaire pour le développement de procédé

Pour l’aider dans ces travaux de développement de procédés, Deinove sera assisté de la société lyonnaise Processium conformément à l’annonce faite en novembre dernier.

Pour ce qui est de la production industrielle, Deinove qui a choisi de la confier à un tiers est en phase de sélection d’un sous-traitant. Les opportunités sont nombreuses en Europe avec des acteurs de type : ARD (Pomacle, France), Bio Base Europe Pilot Plant (Gand Belgique) ou CBP (Leuna, Allemagne)…

Dans ce domaine des spécialités, le passage du laboratoire à l’échelle industrielle est bien plus rapide que dans le domaine des commodités. Emmanuel Petiot explique que, dans le cas des caroténoïdes, les volumes à produire sont moindres et 1 seul fermenteur de 50 m3 suffit à atteindre l’échelle commerciale. D’autre part, la robustesse du procédé et l’atteinte d’un rendement maximum sont moins critiques et ne nécessitent pas de longues phases de démonstration

 

Deinochem en bref
Le programme Deinochem vise la production de caroténoïdes, des composés naturellement présents chez de nombreux êtres vivants et largement utilisées dans l’industrie pour leurs propriétés colorantes et anti-oxydantes. Le marché mondial des caroténoïdes devrait atteindre 1,8 milliards de dollars d’ici 2019. En 2013, l’Europe représentait le marché le plus important, suivie par l’Amérique du Nord. Les applications pour ces molécules ne cessent de se diversifier, dans l’alimentation humaine et animale comme dans les cosmétiques ou encore la santé. La plus grande part de la production est issue de dérivés pétroliers ; cependant, les molécules naturelles connaissent la plus forte croissance, bénéficiant notamment de la demande des consommateurs. Il existe aujourd’hui plusieurs techniques de production comme l’extraction à partir de tomates (lycopène) ou de paprika (capsanthine), la bioproduction à partir d’algues (astaxanthine) ou de micro-organismes (bêta-carotène). L’offre en solutions biosourcées reste toutefois limitée par des coûts de production élevés. L’objectif de Deinove est d’offrir une alternative biosourcée compétitive pour les industriels en développant des caroténoïdes produits par voie biotechnologique et offrant des avantages significatifs en termes de stabilité d’approvisionnement et de qualité, de préservation des ressources naturelles et enfin de coûts. Deinochem, qui prévoit un investissement total de 15,9 M€ d’ici 2018, bénéficie d’un soutien financier de 5,9 M€ sur 3 ans et demi, octroyé par l’Ademe et le CGI dans le cadre des Investissements d’Avenir.

Partager cet article avec :