Cristal Union et Global Bioenergies unis pour une 1e unité mondiale d’isobutène biosourcé

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C’est une première mondiale en matière de biologie industrielle. Le groupe coopératif agroindustriel Cristal Union et la société innovante Global Bioenergies ont décidé d’unir leurs forces dans la co-entreprise IBN-One, pour construire la première usine de conversion de ressources renouvelables en isobutène. D’une capacité de 50 000 tonnes par an, elle sera installée en France et pourrait démarrer sa production en 2018. IBN-One utilisera le procédé développé par Global Bioenergies dans le démonstrateur d’ARD à Bazancourt-Pomacle, dans le cadre d’une cession de licence d’exploitation non exclusive. Ce procédé prévoit d’utiliser comme matière première du sucre dont Cristal Union est l’une des principaux producteurs en Europe. Sous la direction de Bernard Chaud, qui a tout récemment rejoint la société Global Bioenergies, IBN-One va maintenant s’atteler à une étude d’« Avant-Projet Détaillé », combinant analyses techniques, réglementaires, commerciales, et financières. Cette étude permettra notamment de déterminer le lieu d’implantation de l’unité sur le territoire français.

Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union voit dans IBN-One un « pont » entre l’industrie du sucre et la pétrochimie. « Le développement d’une part de marché pour l’isobutène renouvelable ouvre des perspectives supplémentaires à l’agriculture française, et s’inscrit pleinement dans la politique d’augmentation des surfaces betteravières prévue par Cristal Union en vue de la fin des quotas sucre. » a-t-il ajouté.

Un financement à préciser

Il est attendu qu’IBN-One finance l’ingénierie de l’usine par un tour de table qui pourrait avoir lieu dès 2016. La construction et le démarrage de l’usine nécessiteront un financement ultérieur, précisent les partenaires dans leur communiqué. Le montant total pourrait s’élever à une centaine de millions d’euros, selon les information du journal Le Monde.

Avec cette annonce, Global Bioenergies devient l’un des tout premiers acteurs à industrialiser cette chimie du végétal sur le territoire français. Hormis le groupe Roquette qui vient de mettre en service une unité de 20000 t/an d’isosorbide biosourcé à Lestrem, ou le groupe Ecoat qui s’est récemment installé sur la plateforme de Roussillon pour produire des résines alkydes biosourcées, les projets d’industrialisation de cette nouvelle chimie ne faisaient pas légion. Beaucoup de projets en sont encore au stade du pilote ou du démonstrateur, ce qui est le cas pour Metabolic Explorer, Deinove, Biométhodes, CIMV… Il y a aussi des projets qui n’ont pas été industrialisés en France à l’image de l’épichlorhydrine de Solvay ou de l’acide succinique de BioAmber puis de Reverdia (Roquette-DSM).

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