Cosmétiques : Des solutions biosourcées pour remplacer les microbilles de plastique

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Ces microbilles ont un pouvoir exfoliant en cosmétique. © D.R.

 

Les Etats-Unis ont été les premiers à bannir les microbilles de plastique dans les produits exfoliants. Depuis, de nombreux pays ont suivi, tandis que des solutions alternatives se mettent en place, comme les microbilles de cellulose de JRS.

 

Unilever, Beiersdorf, Colgate-Palmolive, L’Oréal, Procter & Gamble…, nombreuses sont les sociétés qui expriment depuis 2012 leur souhait de bannir les microbilles en plastique (principalement en polyéthylène) de leurs formulations cosmétiques. Ces billes, de moins de 5 mm de diamètre, étaient en effet couramment utilisées dans les compositions de gels et crèmes exfoliantes dans des quantités pouvant aller jusqu’à 12 %, ainsi que dans des dentifrices ou certains shampoings. En 2012, les volumes utilisés dans ces « produits rincés » en Europe étaient estimés à plus de 4 000 tonnes. Sauf que ces substances présentent le gros défaut de persister dans l’environnement. « Ces microbilles plastiques, à peine visibles à l’œil nu, s’échappent par le drain de douche et finissent leur course dans les égouts. Les stations d’épuration ne sont pas équipées pour filtrer ces microbilles dans les eaux usées et contribuent ainsi grandement à la soupe plastique. Les animaux marins absorbent ou ingèrent ces particules plastiques. Par le biais de la chaîne alimentaire, ces microbilles pourraient également arriver dans nos assiettes. Les microbilles ne se biodégradent pas, et une fois dans l’environnement marin, il devient impossible de les éliminer », peut-on lire sur le site « beat the microbead » qui mène campagne contre les microbilles de plastiques depuis 2012 (microbilles à usage cosmétique et tout autre microplastique nuisible pour l’environnement).

Nathalie Fayolle, responsable marché cosmétique chez JRS France, ajoute qu’en dépit des initiatives volontaires de certains industriels, des réglementations se sont également mises en place. Les états-Unis ont ouvert la voie avec une loi promulguée en décembre 2015 pour une application en juillet 2017. Puis, le phénomène s’est mondialisé avec des mesures prises aussi bien en Australie, en Inde qu’en Corée. En France, la loi pour l’interdiction de ces billes en plastique dans les produits cosmétiques date d’août 2016 avec une mise en application prévue pour 2018. Le Royaume-Uni promet de suivre prochainement le mouvement…

 

Des alternatives à base de cellulose

Pour pallier cette interdiction progressive, JRS travaille depuis une dizaine d’années sur des solutions de remplacement. Sa proposition est d’utiliser de la cellulose ou de la cellulose microcristalline, selon le besoin d’abrasivité recherché, pour remplacer le plastique. Et les avantages de ces matériaux sont nombreux : la blancheur, la durabilité, la biodégradabilité, la comestibilité… « La cellulose est le polymère le plus abondant sur terre. Et si nos billes passent au travers des stations d’épuration, elles n’ont pas d’impact sur les océans. La cellulose contribue même de façon positive à la digestion des poissons », souligne Nathalie Fayolle. Elle cite d’autres alternatives comme la silice et la pumice (ou pierre ponce) qui ont le défaut de ne pas être biodégradables, tandis que les coques de fruits ne sont pas de couleur blanche et nécessitent une phase d’irradiation qui nuit à la revendication de naturalité recherchée en cosmétique. « Le PE est un matériau très économique dont les particules sont très blanches parfois même transparentes. Le challenge est de conserver cette blancheur », estime la responsable de marché.

Chez JRS, les produits alternatifs commercialisés se nomment Vitacel pour les billes en cellulose et Vivapur pour les billes en cellulose microcristalline. Ces produits sont proposés en diverses tailles et diverses formes (fibres, sphères, granules, particules angulaires…) pour une abrasivité variable. Les produits pour le visage requièrent en principe des abrasivités plus douces que les produits pour le corps. Et le marché est aujourd’hui très porteur. « La loi votée en décembre aux états-Unis a eu une incidence immédiate sur le marché avec une explosion de la demande », signale Nathalie Fayolle qui évoque déjà un autre dossier. Il concerne l’usage de poudres de plastique (par exemple en nylon) pour avoir des effets soyeux dans les formulations. Il n’est pas exclu que l’usage de ces poudres soit à son tour restreint ou réglementé. « Cette fois encore, nous avons des produits soyeux qui peuvent être utilisés par les formulateurs », ajoute Nathalie Fayolle, avant de conclure que le tournant de la cosmétique vers la naturalité est plus que jamais devenu une réalité

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