Cosmétique : Des saponines issues de son de quinoa

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Paru dans Formule verte n°27

La société Chimex a mis au point un procédé permettant de valoriser le son de quinoa en actif cosmétique. Un développement qui s’accompagne de la mise en place d’une filière d’approvisionnement durable.

 

Le procédé Phyroreveal2 permet d’extraire les saponines présentes dans le son de quinoa. © Françoise Ho/Chimex

Et si le quinoa n’avait pas révélé tout son potentiel ? Au-delà de ses vertus nutritionnelles adaptées aux régimes sans gluten, il pourrait apporter une importante source de molécules naturelles pouvant être exploitées pour des applications cosmétiques. L’Oréal et sa filiale Chimex, ont décidé de valoriser l’écorce de cette graine à des fins cosmétiques. « Les équipes de R&D des entités du groupe L’Oréal ont identifié le son de quinoa royal de Bolivie comme matière première renouvelable, il y a plusieurs années », se souvient Alain Pinchart, p-dg de Chimex.
Le son de quinoa royal de Bolivie renferme des polyphénols antioxydants, mais surtout des saponines, des molécules naturelles aux propriétés tensioactives. « A partir de ce coproduit de l’agriculture encore peu valorisé, nous avons initié un projet de production d’un actif exfoliant », explique Alain Pinchart. Après huit années de travail, la filiale du groupe L’Oréal est parvenue à mettre au point le procédé Phytoreveal2. Il permet d’extraire les saponines du son de quinoa de manière efficace, tout en ayant un impact environnemental faible. « L’extraction s’effectue sans transformation chimique dans un mélange d’eau et d’éthanol. Au minimum, 75 % de l’éthanol sont recyclés, et les améliorations apportées au procédé ont permis de diminuer la consommation d’eau (-27 %) et d’énergie (-66 %) que le procédé initial », détaille Alain Pinchart. Avant de poursuivre : « Une partie du travail a aussi résidé dans l’optimisation de l’équipement de sorte à livrer un produit avec une variabilité acceptable due à sa provenance biosourcée ». L’extrait de son de quinoa est ensuite séché par atomisation sous la forme d’une poudre granulée. En y ajoutant de l’acide citrique, ce produit est aisément formulé en ingrédients cosmétiques desquamants, présent notamment dans certains soins pour la peau. « A ce jour, nous avons une ligne de production pour cet extrait, mais des travaux d’optimisation et d’ajout de capacités sont tout à fait envisageables en fonction de la demande »,
soutient Alain Pinchart.

Une filière durable d’approvisionnement
En accord avec le programme « Sharing Beauty With All » de sa maison-mère L’Oréal, Chimex s’est impliquée, depuis 2015, un projet de filière d’approvisionnement en Bolivie pour s’assurer d’une disponibilité suffisante et durable de matière première. Dénommé Waykay (signifiant “travail collectif“ en langue Quechua), il associe plusieurs interlocuteurs, comme le précise Alain Pinchart : « Le programme implique la société Andean Valley, fédérant des producteurs locaux de quinoa, la fondation sProInpa, institut bolivien de R&D en agronomie, l’entreprise EcoTerra, un importateur allemand de produits agricoles issus de sources durables, et la marque américaine de cosmétiques Kiehl’s ».
En parallèle de l’approvisionnement, le projet Waykay s’est fixé trois objectifs : lutter contre l’érosion des sols ; soutenir la formation des agriculteurs boliviens aux bonnes pratiques agricoles ; et enfin, développer les connaissances et les compétences techniques localement. « En ce qui concerne ces objectifs, nous avons l’ambition de former 250 fermiers à la pratique de l’agriculture biologique et raisonnée d’ici à 2017. Nous aiderons à améliorer la culture de quinoa, via un transfert de nos connaissances sur les propriétés du son aux équipes de la fondation ProInpa », détaille Alain Pinchart. La démarche de Chimex et de sa maison-mère L’Oréal autour de la valorisation du son de quinoa s’inscrit parfaitement dans les fondements de la chimie verte et du développement durable. Elle contribue à répondre à la fois aux attentes sociétales et à offrir au consommateur des produits cosmétiques d’origine naturelle performants, et issus d’un sourcing et d’un procédé soutenables. D’ailleurs, c’est pour l’ensemble de son projet que Chimex s’est vu décerner la médaille du Prix Pierre Potier 2016. « Cette récompense nous conforte dans l’idée que Chimex a raison d’inscrire au cœur de sa stratégie le développement durable », conclut Alain Pinchart.

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