Construction : Saint-Gobain éco-innove pour les bâtiments de demain

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Paru dans Formule verte n°28

Le groupe spécialisé dans les produits de construction a fait du bâtiment durable un de ses engagements. Une vision qui se concrétise notamment au niveau de sa R&D, qui travaille à proposer des solutions à faible impact environnemental.

Saint-Gobain détient huit grands centres de recherche, dont un à Cavaillon en France. © Saint-Gobain/Franck Dunouau

Depuis plusieurs années, la transition énergétique est un des axes principaux de travail autour du développement durable. Le bâtiment ne fait pas exception et est confronté depuis quelques temps à des exigences, notamment en matière d’économie d’énergie et d’impact environnemental. Ce qui entraîne des industriels comme Saint-Gobain à innover rapidement pour répondre aux exigences des acteurs de la chaîne de valeur. « Il est important de ne pas opposer impact environnemental et performance intrinsèque des matériaux de construction. Le défi pour le secteur du bâtiment est d’avoir un impact neutre sur l’environnement de l’édifice tout au long de sa durée de vie, tout en se préoccupant des aspects de confort de l’utilisateur », souligne Didier Roux, directeur de la R&D et de l’innovation chez Saint-Gobain.
Pour son activité, le secteur du bâtiment utilise des matériaux essentiellement d’origine minérale : verre, plâtre, mortier, céramique, etc. Des produits couramment utilisés depuis longtemps, et dont la plupart peuvent être largement recyclés comme le décrit Didier Roux : « Par exemple, le verre est un matériau recyclable en grande quantité (50 à 68 % pour le verre de bouteille en Europe) et qui bénéficie d’une filière de collecte installée. Quant au plâtre, il est théoriquement recyclable indéfiniment. En pratique, cela s’avère plus complexe car les déchets de plâtre peuvent présenter des impuretés ou des additifs difficiles à séparer. De ce fait, il est ainsi possible de n’introduire que des fractions de matériau recyclé (5 à 10 % en général) pour fabriquer du nouveau plâtre. L’un des enjeux concernant le recyclage des matériaux de construction réside en la création de filières de collectes viables. Si pour le verre, elle est en place, il n’y a que des embryons de filières pour les autres matériaux potentiellement recyclables », assure Didier Roux. Avant de continuer :
« Pour la gestion de fin de vie des bâtiments, la démolition globale est absolument à bannir. Il est préférable d’opter pour des chantiers de déconstruction qui permettent un meilleur tri des matériaux usagés ».

Rester à l’affut d’innovations avantageuses
Outre les matériaux recyclés, l’avenir du bâtiment passe par l’usage de nouveaux matériaux. Ceux ci pouvant soit être plus durables pour un coût équivalent, soit apporter une valeur ajoutée. Par exemple, en isolation thermique, Saint-Gobain a récemment lancé sur le marché son produit IsoDuo 36 de la gamme Isover. « Il s’agit d’un panneau isolant composé d’un mix de fibre de bois (50 %) issu de pin Douglas, de laine de verre (40 %) et un mélange de liants et d’additifs (10 %). Il offre des performances plus importantes en termes de conductivité thermique que des laines de bois classiques », décrit Didier Roux. Avant de compléter : « Si l’intégration de biosourcé dans nos produits est liée aux intérêts du marché final, le critère principal du client reste avant tout de disposer d’un produit performant ». En effet, le directeur de la R&D de Saint-Gobain estime qu’intégrer à tout prix du végétal « n’est pas un bon objectif », et qu’il faut davantage raisonner en matière d’analyse de cycle de vie comparative. « Dans ce cadre, l’ACV (Analyse de Cycle de Vie) n’est pas toujours favorable aux matériaux biosourcés, si l’on considère l’intégralité de la chaîne de valeur. Par exemple, intégrer des matériaux plastiques, même issus de ressources végétales à la place du gypse dans les plâtres serait complètement idiot », indique Didier Roux. Avant d’ajouter : « De plus, l’intégration de matières végétales reste limitée par deux principaux obstacles : le coût et la compétition avec d’autres usages. Cela ne nous empêche pas d’être attentifs aux développements autour des produits n’entrant pas en compétition avec la chaîne alimentaire ».
Toujours concernant l’intégration de biosourcé, Saint-Gobain a mis sur le marché des liants issus de ressources renouvelables pour laines isolantes. L’équipe de R&D est parvenue à mettre au point une résine à 85 % biosourcée, constituée de sucres issus d’amidons de maïs ou de blé et d’acide citrique produit par fermentation de carbohydrates. Ce liant formulé sans formaldéhydes, ni phénols ni acryliques a permis la commercialisation de la gamme de laine de verre Isover 4+ en 2014.
En matière de nouvelles pistes de R&D, le groupe Saint-Gobain travaille actuellement à l’intégration de davantage de composants durables dans ses matériaux. Par exemple par le biais des liants et additifs qu’il pourrait remplacer par des solutions plus durables. « Nos équipes de R&D étudient la possibilité de substituer durablement les liants synthétiques en polyester pour nos prochaines générations d’IsoDuo 36. Un autre poste d’amélioration possible serait de trouver une alternative de mousses biosourcées pouvant remplacer les matériaux en polystyrène expansé ou en polyuréthane », précise Didier Roux. En outre, Saint-Gobain a défini huit programmes stratégiques de R&D visant à étudier les marchés et technologies émergents (voir encadré). Ceux-ci prennent la forme de projets collaboratifs pour les activités de recherche, visant par exemple à développer des matériaux fonctionnels pour la construction afin d’en améliorer les performances, l’impact environnemental, ou encore le confort de pose et des utilisateurs (qualité de l’air, gestion de la lumière, acoustique, thermique, etc.).
Dans le contexte actuel de développement durable, le groupe Saint-Gobain s’engage sur le long terme à répondre aux problématiques du bâtiment de demain. Pour cela, il développe une véritable culture transversale de l’éco-innovation afin d’améliorer ses gammes existantes de produits et de proposer de nouveaux produits à valeur ajoutée.

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