Consensus sur l’explosion du marché des biopolymères

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Nova Institute
Evolution des capacités de biopolymères entre 2011 et 2020.

Le gouvernement fédéral allemand croit en la bio-économie. Fin 2010, il avait d’ailleurs annoncé un investissement de 2,4 milliards d’euros pour les six prochaines années dans de nouveaux programmes de recherche touchant à ce domaine. Et parmi tous les sujets que l’on peut englober dans ce concept de bio-économie, le domaine des biopolymères semble intéresser de près l’Allemagne. Il faut dire que plus les recherches avancent, plus le secteur se révèle prometteur. Les services scientifiques de l’ambassade de France en Allemagne (Adit) rapportent que s’est tenue fin février une conférence sur les biopolymères dans le cadre d’un forum de l’innovation, à la maison de la culture sur le site chimique de BASF à Schwarzheide (Brandebourg). La conférence a été organisée par le biocluster BioTOP et le réseau pour les matières synthétiques de Berlin-Brandebourg (KuVBB e.V.) dans le cadre du programme « Forums d’innovation pour les entreprises régionales » (Innovationsforen/Unternehmen Region) lancé par le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF). Et manifestement, le numéro un mondial de la chimie ne se désintéresse pas du sujet !

Cette conférence a été l’occasion de présenter de nouvelles perspectives de marché. D’après Hans-Peter Fink, Directeur adjoint du Réseau pour les matières synthétiques de Berlin-Brandebourg (KuVBB e.V.), et chercheur à l’Institut Fraunhofer de recherche sur les polymères de Potsdam-Golm (IAP), le potentiel de développement des polymères est important, comme le montrent les initiatives universitaires et les activités industrielles observées. Il a ajouté que le nombre de brevets a été multiplié par six en vingt ans dans ce domaine, et que la capacité de production mondiale de biopolymères entre 2005 et 2020 passera de 500 000 à 4 millions de tonnes, rapporte l’Adit. Les études présentées par l’Institut pour les bioplastiques et les biocomposites de l’Université des sciences et arts appliqués (IfBB) de Hanovre (Basse-Saxe) ont confirmé cette tendance, annonçant une croissance en valeur exponentielle à partir de 2014 pour atteindre près de 14 milliards d’euros à l’horizon 2016.

Ces chiffres sont toutefois légèrement inférieurs à ceux publiés en novembre dernier par l’association European Bioplastics qui annonçait un passage de 1,2 million de tonnes en 2011 à 6 millions de tonnes en 2016.

Perspectives plus optimistes du Nova Institute

Mais le plus optimiste reste de loin le Nova Institute. Cet organisme allemand annonce un marché à 8 millions de tonnes en 2016 et 12 millions de tonnes en 2020. Ces chiffres sont le résultat d’une toute nouvelle étude réalisée auprès de 246 sociétés réparties à travers le monde. L’étude montre toujours que le PET biosourcé prendra une place prépondérante dans le futur (5 Mt en 2020). Ces larges capacités devraient être le résultat de l’alliance entre Coca Cola, Ford Motor, Heinz, Nike et Procter & Gamble visant à développer une version de PET à 100% biosourcé. Le rapport anticipe également une très forte croissance des polymères PLA et PHA, avec des capacités multipliées par 4 entre 2011 et 2020. Ainsi, les capacités de PLA pourraient atteindre les 800 000 tonnes en 2020

Malheureusement, l’industrialisation ne se fera pas en Europe. Le Nova Institute annonce sans surprise que c’est en Asie et en Amérique du Sud que seront localisées les futures unités de production. Si l’Europe parvient à conserver un outil productif dans la chimie sur son territoire, c’est parce qu’il y est installé de longue date et qu’il est amorti. En revanche, quand on parle d’installer de nouvelles capacités, ce sont toujours les pays émergents en forte croissance qui recueillent la mise. Comment rivaliser avec ces milliards d’asiatiques amateurs de sodas conditionnés dans du PET, à l’heure où la vieille Europe et les Etats-Unis cherchent à réduire leur consommation de boissons sucrées pour endiguer la croissance galopante du diabète ?

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