Cinq sociétés du Genopole primées au concours mondial de l’innovation

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Le 20 mars dernier, Jean-Marc Ayrault a annoncé le nom des premiers projets primés dans le cadre du Concours mondial de l’innovation 2030. Chacun d’eux recevra un financement de l’Etat pouvant atteindre 200 k€. Parmi les 58 projets retenus, cinq sont menés par des sociétés (Magpie Polymers, Osseomatrix, Biométhodes, Ynsect et Abolis) accompagnées par le Genopole.

Magpie Polymers, spin off de l’Ecole Polytechnique, a développé une technologie de filtration innovante permettant la capture sélective des métaux de transition pour traiter les eaux industrielles et valoriser les métaux rares. D’utilisation simple, cette technologie s’appuie sur la formation d’un lien sélectif entre le métal et des billes de polymères. Osseomatrix a mis au point une technologie d’impression d’implants 3D pour le traitement des pertes osseuses supérieures à quelques centimètres.

La chimie du végétal à l’honneur

Le procédé développé par Biométhodes valorise séparément et de façon optimale la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Il contribue à convertir la biomasse non alimentaire en carburants et composés utilisés par l’industrie chimique. Ce concept de « bioraffinerie » de seconde génération pourrait permettre de remplacer durablement le pétrole par des matières premières végétales. Chez Ynsect, ce sont les insectes qui sont à l’honneur. Concepteur, opérateur et exploitant d’usines de valorisation de biomasse,  Ynsect opère dans les domaines des biotechnologies de l’environnement et de l’agro-alimentaire. Les activités principales de la société sont la bioconversion par des insectes de résidus organiques, et leur transformation en nutriments destinés à l’alimentation animale et en produits non alimentaires. A partir de la fermentation de sucres et biomasses issus de végétaux, Abolis a mis au point une technologie permettant d’obtenir des micros organismes capables de produire des molécules chimiques à usages industriels.

Une volonté de réindustrialiser la France

En avril 2013, le président de la République a mis en place la Commission « Innovation 2030 ». Présidée par Anne Lauvergeon, elle espère attirer les talents du monde entier pour des projets menés en France. Dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir et en s’appuyant sur la banque publique d’investissement (Bpifrance), l’État va affecter 300 millions d’euros pour co-financer des projets innovants portant les ambitions définies par la Commission. Lancé le 2 décembre 2013, le concours mondial de l’innovation a vocation à faire émerger les talents et les accompagner dans leur croissance en France. Sur les 626 projets présentés initialement, 134 ont été auditionnés et 58 ont été retenus. D’ici à l’été 2014, la phase d’amorçage du concours se complètera par une seconde vague de sélection. Une trentaine de projets entreront par la suite dans une phase d’accompagnement au cours de laquelle ils pourront recevoir jusqu’à 2 millions d’euros chacun. En 2016, un ou deux projets recevront un soutien à l’industrialisation.

Des ambitions communes

Ces initiatives s’inscrivent dans une tentative d’appropriation des principaux enjeux 2030 (augmentation démographique, raréfaction de l’eau potable et des matières premières, allongement de la vie en bonne santé), une démarche que la Commission « Innovation 2030 » partage avec le Genopole. Lancé en 1998 à Evry (Essonne), ce dernier a pour objectif de favoriser l’innovation à visée thérapeutique et le transfert des technologies vers le secteur industriel. Campus de recherche d’excellence en génomique, il favorise l’essor des biotechnologies. Il propose un accompagnement adapté au développement de jeunes entreprises en biotechnologie et une animation scientifique de qualité (cours, formations, séminaires). Le Genopole regroupe actuellement 21 laboratoires de recherche publique, 71 entreprises et 21 plates-formes technologiques. Un concentré d’activités propice à l’innovation.

 Alexane Roupioz

 

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