CIMV démarre un pilote chez Pivert en préparation d’un démonstrateur

Partager cet article avec :
Quelques applications de la Biolignine.

Après deux années de travail dans la plus grande discrétion, la société CIMV (Compagnie industrielle de la matière végétale) est de retour avec l’annonce du démarrage d’une nouvelle installation pilote sur le site de Pivert près de Compiègne, au niveau de sa plateforme technologique modulaire, Biogis Center.

Il s’agit d’une unité de raffinage pour la valorisation complète de la partie non alimentaire de plantes. Elle permet la production de bioéthanol 2G (en passant par du sucre 2G), mais aussi d’une lignine peu dégradée, réputée pour sa qualité (Biolignine), ainsi que de la silice d’origine végétale. « CIMV a mis au point une technologie « douce » pour extraire l’ensemble des composants de la partie non alimentaire de la plante et contribue ainsi à la fabrication de produits biosourcés » explique la société dans son communiqué.

D’une capacité de 1 tonne/jour, cette unité qui emploiera 2 à 3 personnes, a nécessité un investissement de l’ordre de 2,5 millions d’euros. Il s’agit d’une version améliorée, et plus productive, d’un pilote de plus faible capacité, qui avait été installé il y a quelques années sur la plateforme de Bazancourt-Pomacle (Marne). La nouvelle unité fonctionnera en continu et son objectif est notamment de délivrer des échantillons de produits, en vue de convaincre un investisseur pour la construction d’un futur démonstrateur industriel de 10 t/j. L’ingénierie du démonstrateur a déjà été réalisée au cours des deux années écoulées, grâce notamment au soutien d’une équipe de R&D d’une quinzaine de personnes, basée dans les locaux de l’INP-Ensiacet à Toulouse. A noter que CIMV possède à ce jour un portefeuille de 11 familles de brevets à l’international.

Des synergies avec Pivert

CIMV ne fait pas que louer des locaux à Pivert. La société compte aussi profiter des synergies offertes par le Biogis Center, notamment en matière de développement de produits aval, comme des bioplastiques ou des résines de collage, et en matière d’informations sur les débouchés commerciaux possibles. En retour, Pivert se dit « intéressé » par le procédé de CIMV pour traiter les parties lignocellulosiques des plantes oléagineuses, sachant que le procédé a déjà fait ses preuves sur de nombreuses biomasses : pailles de céréales, bagasse de canne à sucre, bois de feuillus.

Cet intérêt de Pivert justifie le fait que la société CIMV se soit installée sur cette plateforme de Compiègne, orientée « Oléagineux », après avoir été hébergée dans un environnement orienté « Sucre » à Bazancourt-Pomacle qui pouvait sembler plus proche de ses préoccupations.

Discussions en cours avec un partenaire industriel

« Notre modèle est de bâtir un partenariat avec un gros acteur industriel » complète enfin Thiery Scholastique, président du directoire de CIMV. Il confirme être déjà en discussion avec plusieurs sociétés internationales pour la construction de son démonstrateur alors que le projet d’installation sur le site des Portes du Tarn, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, évoqué en 2015 n’est plus du tout d’actualité. CIMV cible plutôt des groupes tels qu’Adisseo qui avait été cité un temps comme partenaire potentiel. « Nous espérons réussir cette année ce partenariat. Ensuite, il faudra compter 3 à 5 ans pour la construction de l’unité » assure le dirigeant. Point important : dans le cadre du projet européen 2GBiopic, cette unité de démonstration pourra bénéficier d’une subvention conséquente de la part des institutions européennes dans le cadre du programme Horizon 2020.

Partager cet article avec :