Chimie verte : Emmanuel Macron décerne les Prix Pierre Potier

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De gauche à droite : Pascal Juéry (Solvay), Damien Monnet (Sofralab), Patrick Verlhac (Peintures Onip), Boris Jaffrennou (Saint-Gobain)
De gauche à droite : Pascal Juéry (Solvay), Damien Monnet (Sofralab), Patrick Verlhac (Peintures Onip), Boris Jaffrennou (Saint-Gobain)

Le palmarès du Prix Pierre Potier a été dévoilé le 19 mars, en présence d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique. Il a estimé que l’industrie chimique ne bénéficiait pas de l’image qu’elle méritait. « Ces prix permettent de montrer le vrai visage de la chimie » a-t-il ajouté. Quatre innovations de la chimie en faveur du développement durable ont été récompensées.

Solvay a reçu un trophée pour le produit BiFor-SafE. Il s’agit d’une solution à base de bicarbonate de sodium et de sels minéraux pour lutter efficacement contre certains parasites, en particulier dans les élevages aviaires, et pour améliorer l’hygiène des bâtiments agricoles. Ce produit a d’ailleurs été agréé pour une utilisation en agriculture biologique. « Le bicarbonate est un des plus vieux produits du monde (…), mais l’innovation amène de nouvelles idées et de nouvelles applications » a déclaré Pascal Juéry, membre du comité exécutif de Solvay. A noter que ce produit a été développé par l’équipe de recherche du site de Dombasle-sur-Meurthe (54) et qu’il sera produit en France.

Saint-Gobain s’est vu attribuer un trophée pour un liant à base de ressources renouvelables pour laine minérale d’isolation. Boris Jaffrennou, responsable du programme Chimie Verte de Saint-Gobain, a expliqué que la résine développée est constituée de deux types de composants majoritaires, renouvelables : un sucre ou mélange de sucres produits à partir de l’hydrolyse d’amidon de maïs ou de blé et de l’acide citrique, essentiellement produit par fermentation de carbohydrates. Le liant est ainsi constitué à plus de 85% de ressources renouvelables. Cette technologie est commercialisée en Amérique du Nord depuis 2010.

Ensuite, une première médaille a été décernée à la société Peintures ONIP pour son procédé Clean’R d’Onip qui réduit de 60% la teneur en formaldéhyde dans l’air intérieur. Patrick Verlhac, directeur technique, est venu expliquer que sa société est une PME de 30 personnes. Elle a pu mettre au point cette innovation grâce à un partenaire extérieur qui lui procure un additif, capteur de formol. Cette peinture apporte une réponse à la loi Grenelle 2 sur la surveillance de la qualité de l’air intérieur qui oblige depuis le 1er janvier 2015 les crèches, centres de loisirs et autres ERP à surveiller leurs atmosphères.

Enfin, une deuxième médaille a été attribuée à la société Sofralab pour son produit Bio DKS. Il s’agit d’un fluide caloporteur à 100% biosourcé et 100% biodégradable destiné à la congélation des cols de bouteilles des vins effervescents, en particulier des champagnes, lors de l’étape d’élimination des dépôts. Ce produit offre une alternative au mono propylène glycol d’origine fossile. Il permet aussi des gains de productivité par une diminution du temps de congélation. Selon Damien Monnet, chef de projet, ce produit a déjà été récompensé par le monde viti-vinicole.

« L’innovation et la capacité à exporter font partie de l’ADN de l’industrie chimique » a rappelé Philippe Goebel, président de l’UIC. Il s’est félicité que la politique fiscale en faveur de l’innovation, à savoir le Crédit Impôt Recherche – soit sanctuarisé. « Il faut que cela continue » a-t-il ajouté. Rappelons que grâce à cette politique, le groupe Solvay réalise encore 40% de sa recherche globale dans l’Hexagone.

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