Chimie fine/biochimie : Le financement de l’innovation en discussion à l’AG du Sicos

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Denis Lucquin, Managing Partner de Sofinnova Partners, a proposé une conférence sur le financement des start up innovantes en biotechnologies industrielles et chimie du renouvelable.

Connu pour défendre les intérêts des industriels de la chimie fine sur le territoire français, le syndicat Sicos Biochimie cherche depuis quelques années à apporter ses compétences aux acteurs des biotechnologies industrielles qu’elles soient basées ou non sur des matières premières végétales. « Notre idée est d’accompagner ces acteurs et d’identifier des plateformes susceptibles d’accueillir des start up biotechs. Dans les technologies qui se cachent derrière, il y a bien entendu la biofermentation, mais également la catalyse enzymatique qui offre des opportunités très intéressantes en chimie fine. Une étape de catalyse enzymatique peut modifier une voie de synthèse en réduisant drastiquement le nombre d’étapes, ce qui peut apporter un bénéfice écologique et une réduction de coût. C’est d’ailleurs une tendance de fond de notre industrie que de chercher à intégrer des étapes de catalyse enzymatique dans nos synthèses chimiques » expliquait l’an passé dans les colonnes d’Industrie Pharma Vincent Touraille, fraichement réélu à la présidence du Sicos Biochimie.

Aussi rien d’étonnant à ce que le syndicat ait choisi d’inviter Denis Lucquin, managing partner du fonds Sofinnova Partners, pour sa traditionnelle conférence de clôture de son assemblée générale. Le thème de cette conférence a porté cette année sur « le financement des start up innovantes en biotechnologies industrielles et chimie du renouvelable ».

Le nouveau fonds IB 1 pour financer des projets disruptifs

Il a longuement évoqué le nouveau fonds IB 1 (pour industrial biotech) d’un montant de 125 M€, que Sofinnova a levé l’an passé notamment auprès d’industriels tels que Total, Michelin et Avril. Il servira à financer entre 8 à 10 sociétés avec des tickets d’entrée de 13/15 M€ à 20 M€. « Comme nous n’investissons jamais seuls, cela correspond à des levées groupées à 50 à 100 M€ pour les entreprises » a-t-il expliqué. Il a ajouté être à la recherche d’entrepreneurs porteurs de projets disruptifs – notamment académiques – en Europe et aux Etats-Unis, avec toujours en ligne de mire l’idée qu’il faut remplacer les approvisionnements fossiles par des approvisionnements renouvelables, voire biosourcés. « Notre dernier investissement en date a consisté à placer un fonds d’amorçage dans un laboratoire qui cherche à passer du polystyrène au styrène » a expliqué Denis Lucquin. Les quatre autres sociétés dans lesquelles le fonds a d’ores et déjà investi s’appellent Agrosafe, Micropep, Biosynthia et Comet.

Retournement de tendance attendu en 2018

Dans sa conclusion, Denis Lucquin a évoqué la courbe de l’innovation de Gardner. Pour toute nouvelle technologie, on observe un engouement pour arriver à un pic d’espérance. Puis vient une phase de désillusion pour entrer ensuite dans une seconde phase de création de valeur. Selon son analyse, ce secteur de la chimie du végétale et des biotechnologies industrielles a démarré en 2004-2005 avec la création des premières sociétés (surtout aux Etats-Unis) et des financements par le biais du capital risque. Puis le pic d’engouement a été atteint en 2011, suivi d’une « dégringolade » en attendant la remontée. « Nous pensons que 2018 sera une année de retournement » a estimé Denis Lucquin. « Amyris a triplé sa valorisation boursière. BASF a pris une participation dans Lanzatech.… Des leaders sont en train d’émerger. On attend les premières acquisitions de sociétés à prix fort ».

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