Chimex allie création de valeur et développement durable

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Article paru dans la revue Formule Verte n°19, septembre 2014.

Depuis quelques années, la filiale du groupe L’Oréal a mis le développement durable au coeur de sa stratégie de croissance. Cela se traduit notamment par la démarche « Made in Chimex » grâce à laquelle l’entreprise propose à ses clients des procédés innovants et moins impactants pour l’environnement.

Depuis plusieurs années, l’intérêt général pour les aspects environnementaux et sociétaux ne cesse de grandir. C’est également le cas dans l’industrie chimique, qui s’intéresse de plus en plus à l’utilisation de procédés plus écologiques. Dans ce contexte, la société Chimex, filiale du groupe L’Oréal, intégre le développement durable au sein de ses procédés de production. « Les impacts environnementaux peuvent être limités selon deux axes : soit en travaillant sur le produit final lui-même (intrinsèque), ou bien en œuvrant sur la manière de le fabriquer », indique Alain Pinchart, p-dg de Chimex. Et quoi de plus incitatif qu’en montrant l’exemple soi-même : la filiale de L’Oréal a adopté depuis 2010 une démarche dénommée « Made in Chimex ». « Il s’agit d’une démarche visant à générer de la valeur pour nos clients, nos parties prenantes ainsi que pour les consommateurs citoyens », précise Alain Pinchart. Avant de développer : « Cette démarche se base sur quatre fondamentaux : l’intégration des notions environnementales et sociétales dès la conception des procédés industriels, la promotion d’une approche responsable et la diffusion de nos bonnes pratiques, la valorisation de nos innovations via un argumentaire technique et sociétal, et la conservation de notre objectivité via une évaluation par des tiers ».

Pour l’évaluation environnementale des procédés, Chimex a développé un référentiel, et mis en place un outil de suivi, l’Eco-Empreinte. « Nous nous appuyons sur un outil qui prend notamment en compte le taux de carbone renouvelable dans le produit final ou encore l’E-facteur, attestant de la quantité de déchets par kilogramme de produit fabriqué », explique Alain Pinchart. Avant d’ajouter : « Nous nous sommes fixés comme objectif de proposer des procédés avec un E-facteur inférieur à 5, et produisant des ingrédients avec un taux de carbone renouvelable supérieur à 50 % ». Chimex propose ses procédés éco-conçus essentiellement au secteur de la chimie de spécialités. Par exemple, la société a élaboré pour sa maison-mère un procédé de production de Pro-Xylane, une ingrédient actif décrit comme ayant des propriétés anti-âge. « Nous produisons cet ingrédient en deux étapes, la première se fait en milieu aqueux, et la seconde par hydrogénation catalytique, en parallèle nous travaillons sur le sourcing des matières premières, afin d‘atteindre un taux de carbone renouvelable du synthon final supérieur à 80 % », décrit Alain Pinchart. Avant de compléter : « Nous avons également œuvré sur l’approvisionnement de la matière première, le D-xylose issu du hêtre et du bouleau. Nous avons incité les parties prenantes à se fournir dans des forêts gérées durablement. Grâce à ce travail sur l’ensemble de la filière de production, nous sommes parvenus à faire baisser l’E-facteur de 96 à 5 kg de déchets par kg de produit fabriqué ». Ce travail sur le procédé a ainsi permis de réduire de 18 fois la quantité produite d’effluents.

Développer son expertise dans les procédés vertueux

Outre sa démarche « Made in Chimex », la filiale de L’Oréal démontre son engagement pour le développement durable, via la recherche et innovation. En effet, Chimex veut proposer des procédés allant toujours plus loin dans leurs performances de création de valeur et/ou de durabilité. « Notre stratégie de recherche s’organisera selon trois principaux axes. Nous voulons développer notre offre en chimie du végétal/du renouvelable en proposant les meilleures techniques de synthèse disponibles, et en travaillant sur le sourcing végétal en compagnie des fournisseurs. Chimex veut également renforcer son expertise dans les procédés de fermentation et de catalyse enzymatique. Et enfin, nous cherchons des alternatives au batch, en étudiant les réactions en continu ou en milieu intensifié. Par exemple, nous pourrions élaborer des procédés sans solvants ou mettant en jeu des milieux réactionnels plus concentrés », détaille Alain Pinchart. Chimex est ainsi parvenu à mettre au point un procédé innovant de production de polymères. « Le principe consiste à effectuer la réaction chimique avec un extrudeur utilisant la température et la pression comme paramètres d’optimisation. Cette méthode permet ainsi de fabriquer des polymères sans utilisation de solvants, générant donc moins de déchets à retraiter », explique le p-dg de Chimex. Avant d’ajouter : « Autre exemple de réalisation : nous avons récemment conçu et mis en oeuvre un procédé de fermentation appelé Fermogénèse pour la production d’actifs cosmétiques et valorisé par les marques Lancôme et Biotherm ».

Preuve de la valeur de son initiative Made in Chimex, la société a été désignée en mai dernier lauréate de l’édition 2014 des trophées nationaux Responsible Care de l’Union des Industries Chimiques (UIC), ce qui devrait l’encourager à continuer ses efforts en faveur du développement durable. « Le développement de la chimie verte représente pour nous une source d’innovation considérable en termes de procédés. Nous sommes donc extrêmement confiants concernant les perspectives à court et moyen terme », conclut Alain Pinchart.

 

 

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