Caoutchouc durable : de nouveaux résultats pour Bioproof

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Le laboratoire de recherches et de contrôle du caoutchouc et des plastiques (LRCCP) a fait part de nouveaux résultats du programme Bioproof. Ce projet porte sur le screening de matières premières biosourcées et recyclées en vue d’un approvisionnement durable pour la formulation de caoutchouc. Après deux années de confidentialité, les résultats de 34 rapports techniques d’essais sont tombés dans le domaine public. Pour rappel, cette initiative soutenue par un consortium de 7 industriels (Hutchinson, Michelin, Emac, etc.) évalue les matières premières provenant de deux gisements : les produits recyclés et les constituants issus de la biomasse.

Les pneus, un gisement à exploiter

En ce qui concerne le volet sur les produits recyclés, les résultats des 34 rapports consultables sur le site web de la LRCCP ont démontré que « les pneus en fin de vie une fois traités représentent une réelle matière première secondaire dans toutes les applications connues de caoutchouc », que ce soit sous forme de micronisats et poudrettes (d’une finesse du millimètre à la centaine de microns), ou de caoutchoucs dévulcanisés. Les études ont démontré qu’une incorporation de ces matières premières secondaires à hauteur de 10 % dans les formulations d’origine n’impacte pas trop les propriétés physico-chimiques du matériau. A noter que le résultat s’applique également aux caoutchoucs issus de déchets et de rebuts de production. En outre, les noirs de carbone recyclés (rCB) provenant de la pyrolyse de pneus en fin de vie peuvent être utilisés en substitution totale ou partielle (entre 20 et 50 %) aux noirs de carbone standards. Ces rCB sont particulièrement indiqués pour des formules de caoutchouc destinées à l’antivibratoire, à l’automobile et à l’étanchéité.

Substituer les constituants synthétiques par du biosourcé

Quant au volet biosourcé, les résultats des 34 rapports d’essais nouvellement disponibles confirment la possibilité d’incorporer des synthons ou des plastifiants issus d’huiles végétales dans les mélanges d’élastomères. Le LRCCP indique que « des huiles végétales ont été évaluées avec succès » dans des formulations de caoutchouc butadiène-styrène (SBR), tandis qu’une incompatibilité a été observée dans des matrices d’éthylène-propylène-diène (EPDM). En ce qui concerne les charges des mélanges d’élastomères, les essais d’intégration d’amidon en matrice NR ou de nanotubes de carbone biosourcés en matrice EPDM se sont montrés concluants.

Dans le cadre du programme Bioproof, d’autres rapports devraient être progressivement diffusés tous les trois mois, et ce jusqu’en 2020. Les premiers résultats des essais sur les formules multi-matériaux « vertes » (incorporant plus de 80 % de produits recyclés ou biosourcés) sont attendus pour le courant de l’année 2017.

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