Braskem et Topsoe s’intéressent au MEG biosourcé

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I’m green est la marque développée par Braskem pour ses produits biosourcés – pour l’instant le polyéthylène.

Le pétrochimiste brésilien Braskem, leader mondial du polyéthylène biosourcé, et Haldor Topsoe, spécialiste danois de la catalyse, viennent de signer un accord de coopération pour la production de monoéthylène glycol (MEG) biosourcé. Ensemble ils envisagent de développer un procédé innovant, sur la base d’une voie de synthèse à partir de sucre qu’ils qualifient de « pionnière ». L’accord prévoit également la construction d’une usine de démonstration au Danemark, dont l’exploitation devrait débuter en 2019.

Un procédé à 100% catalytique

Les partenaires précisent qu’il s’agit d’un procédé catalytique (et non biotechnologique) qui permet de réaliser deux étapes de synthèse avec un seul catalyseur, développé dans les laboratoires de Topsoe. L’intérêt est de n’avoir à construire qu’une seule unité de production, pour réduire d’autant le montant de l’investissement initial puis les coûts opérationnels.
Mateus Lopes, responsable Innovation dans le domaine des produits chimiques renouvelables chez Braskem, s’est félicité de cette initiative qui allie une technologie de pointe avec une expertise dans la conception de procédés, la mise à l’échelle et l’exploitation industrielle, « ce qui nous permettra de pousser la chimie renouvelable à un tout autre niveau » a-t-il ajouté. En effet, grâce à Topsoe, Braskem bénéficiera de compétences essentielles, tant en catalyse qu’en développement de procédé, pour transformer le sucre en de nombreux produits chimiques renouvelables de façon performante et compétitive. L’unité sera d’ailleurs conçue de façon suffisamment flexible pour valider la technologie avec différentes matières premières telles que le saccharose, le dextrose et les sucres de deuxième génération.
Jusqu’à présent malgré le succès mondial de son polyéthylène biosourcé obtenu à partir de sucre de canne et commercialisé avec la marque I’m green, Braskem n’avait pas réussi à élargir son portefeuille de produits renouvelables. En particulier, le polypropylène biosourcé, annoncé il y a quelques années, n’avait jamais été lancé.
« La catalyse jouera un rôle extrêmement important dans le développement de solutions durables qui produisent des produits chimiques importants à partir de sources renouvelables telles que les sucres. Nous sommes fiers de livrer une technologie révolutionnaire pour ce projet avec Braskem », a estimé Kim Knudsen, vice-président exécutif de Haldor Topsoe.

MEG un composant clé du PET
Pour rappel, le MEG est un composant clé de la résine de PET, avec l’acide téréphtalique. Ce polymère est ensuite largement utilisé dans les industries textiles et de l’emballage avec la fabrication de bouteille de sodas. Il existe déjà des sources commerciales de MEG biosourcé mais selon des protocoles en plusieurs étapes peu efficaces. Outre Braskem, le Néerlandais Avantium, qui s’intéresse à la résine PEF concurrente du PET, développe également un MEG biosourcé en une étape dans le cadre du projet Mekong. Sur son site Internet on peut lire que marché du Bio-MEG pourrait atteindre les 3 millions de tonnes par an d’ici à 2020, tandis que le marché du pétro-MEG (version fossile) devrait rester dix fois supérieur.

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