BiotechMarine se lance dans la culture cellulaire de macroalgues

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Culture de cellules de macroalgues.
Culture de cellules de macroalgues.

Article Paru dans Formule Verte n°21, avril 2014. C’est une innovation majeure pour BiotechMarine. La filiale de Seppic, basée à Pontrieux en Bretagne, vient de lancer une technologie, baptisée Celebrity, qui consiste à cultiver des cellules de macroalgues pour produire des actifs pour la cosmétique. Le principe de la technologie peut être appliqué à différents types d’algues et de cellules. Pour sa première référence, BiotechMarine a retenu Undaria pinnatifida, une algue brune connue des Japonais sous le nom de wakame, qui pousse aussi sur le littoral breton. Et plus précisément, la société s’est intéressée à une étape particulière de son cycle de vie, sa période de sporulation qui donne naissance à des gamétophytes, des amas de cellules microscopiques. Ce sont ces cellules qui vont présenter un intérêt car elles sont riches en antioxydants. D’où l’idée de BiotechMarine d’appliquer sa technologie à ces cellules particulières. « Nous sommes les premiers au monde à proposer des actifs cosmétiques par culture de cellules de macroalgues » se félicite Guénolé Le Calvez, président de la société. Pour l’heure, les applications connues portent sur de la culture de cellules de végétaux terrestres. De ce fait, un brevet est en cours de dépôt sur la nouvelle technologie et sur sa première application.

Préserver la biodiversité

Cela fait sept ans que la société travaille au développement de la technologie qui présente un intérêt majeur pour la préservation de la biodiversité dans la mesure où l’on a plus besoin de prélever d’importants volumes de biomasse du milieu maritime. Et dans le cas des gamétophytes d’Undaria pinnatifida, il serait de toute façon impossible de les prélever en masse. D’une part leur durée de vie ne dépasse pas quelques semaines. D’autre part la taille des cellules et leur concentration dans l’océan est beaucoup trop faible pour envisager une exploitation industrielle contrairement à la partie folière des algues.

Au démarrage, BiotechMarine a dû se constituer une banque de cellules à partir d’un prélèvement initial dans le milieu naturel. Cette banque servira tout au long de l’exploitation du procédé sans que d’autres prélèvements soient nécessaires car la banque peut être régénérée en permanence par voie de culture cellulaire.

Puis la société a travaillé au développement d’un procédé de production d’abord sur de petits volumes, avant de gravir tous les échelons jusqu’à la taille industrielle.

Aujourd’hui, dans ses locaux bretons, BiotechMarine dispose d’un atelier de production constitué de 2 lignes de 6 photobioréacteurs cylindriques de 300 litres chacun, fabriqués en PMMA. Au début d’une mise en culture, chaque cylindre est rempli d’une eau de mer traitée par filtration stérilisante. Puis des cellules algales sont introduites. Pour se multiplier, elles ont besoin de CO2, apporté par un débit d’air qui assure également l’agitation du milieu, de nutriments et d’un éclairage fluorescent. « Le plus difficile est de trouver les bonnes conditions de culture pour ne pas stresser les cellules et exprimer la molécule que l’on recherche » explique Erwan Le Gelebart, chef de projet R&D biotech algale. Aussi, tous les paramètres sont importants : salinité de l’eau, température, lumière, éléments nutritifs… Une fois la mise en culture achevée, le milieu de culture est filtré pour récupérer la biomasse algale contenant le précieux antioxydant. Cette biomasse est séchée puis lyophilisée. L’extraction du principe actif peut alors commencer. Des solvants 100% naturels sont alors utilisés pour récupérer un produit commercial qui sera proposé en mélange dans un solvant gras, prêt à entrer dans des formulations cosmétiques. Au total le cycle de production dure une quinzaine de jours.

Ce produit commercial, dont quelques lots ont déjà été produits, sera lancé officiellement à la mi-avril à l’occasion du salon InCosmetic à Barcelone sous le nom d’Ephemer, en référence à la faible durée de vie des gamétophytes dans leur milieu naturel. Cet actif sera probablement le premier d’une lignée qui n’a pas fini de s’étoffer.

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