Biométhane 2G : une alternative au gaz naturel en Europe ?

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La question est posée par la société de conseil Alcimed. Celle-ci vient de se pencher sur la question du biométhane 2G également appelé BioSNG. Rappelons que le biogaz de deuxième génération est produit à partir de biomasse ligno-cellulosique (du bois et de la paille principalement) et se fait en deux étapes : gazéification et méthanation. La gazéification est un processus thermochimique qui permet de convertir la matière organique en un gaz de synthèse appelé syngaz (CO + H2). Ce syngaz est ensuite traité et purifié pour subir une méthanation par voie catalytique. Ce processus est à distinguer de la méthanisation, qui produit également un gaz vert mais par fermentation.

Le biométhane 2G possède de nombreux avantages, dont le principal est son origine biosourcée contrairement au gaz naturel fossile. De plus, la production de biométhane 2G est stockable et transportable en grandes quantités grâce au réseau de gaz naturel existant ce qui est moins le cas pour l’électricité et la chaleur produites par cogénération de la biomasse.

Cependant, aujourd’hui, les technologies de production de BioSNG ne permettent pas d’établir un coût de production fiable pour ce produit. Et Alcimed rapporte que les principaux experts du secteur s’accordent à dire que, même à maturité, le prix du BioSNG sera très vraisemblablement sensiblement supérieur à celui du gaz naturel. Cela s’explique notamment par la multiplicité des étapes de production du BioSNG.

De coup, le cabinet de conseil estime qu’en l’absence de réglementation imposant l’utilisation de BioSNG, son avenir risque d’être compromis face au gaz naturel.

L’Union Européenne ou les Etats membres pourraient alors favoriser l’apparition du BioSNG en favorisant l’offre via des aides à l’investissement pour promouvoir la recherche sur le sujet et l’implantation de sites pilotes. Et la demande pourraient être stimulée en imposant une part de gaz vert dans la consommation ou certains secteurs à utiliser une énergie 100% renouvelable. Sur ce dernier point, Alcimed cite en exemple le cas de la Suède et du Danemark qui se sont engagés dans le secteur des transports avec un objectif 100% renouvelable d’ici 2030.

Etat des lieux des projets

Les projets actuels de production de BioSNG sont peu nombreux en Europe, selon l’étude. Aucune installation n’est en fonctionnement, seuls des pilotes de démonstration tels que GAYA en France ou GoBi Gas en Suède sont en cours de développement. Deux autres projets sont en cours de discussion : il s’agit de Bio2G d’E.ON et du projet d’ECN en partenariat avec la société HVC. Par ailleurs, le premier pilote de biométhane 2G européen a eu lieu à Güssing en Autriche en 2008. Ce projet de R&D, arrêté après sa campagne d’essai, a permis de démontrer la faisabilité du concept technique. Enfin, l’existence de deux business model semble se confirmer pour cette future filière. Une production massive et centralisée de BioSNG, à partir d’unités de grandes tailles. Elles nécessiteraient d’importer de la biomasse en grande quantité mais permettraient d’atteindre plus facilement une rentabilité économique.

L’autre voie consiste en une approche décentralisée, faisant appel à un approvisionnement local dans une optique de développement territorial. Dans ce cas, l’équation économique serait plus complexe à résoudre, faute d’effet d’échelle, analyse Jean- Philippe Tridant Bel, directeur de l’activité Energie et Environnement d’Alcimed.

Source Alcimed

 

 

 

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