Bioéthanol 2G : L’Europe soutient un projet au Danemark

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UPM biodiesel
Avant de se lancer dans gazéification du bois, UPM proposera d’abord des biocarburants à base de tall oil, un résidu papetier.

Une installation de production à grande échelle de bioéthanol de 2ème génération pourrait voir le jour au Danemark. La Commission européenne vient en effet d’octroyer une aide de 39 millions d’euros pour son financement dans le cadre du programme européen NER 300 mis en place en 2010. Ce projet est proposé par le consortium Maabjerg Energy Concept, constitué de Dong Energy, Novozymes, Vestforsyning, Struer Forsyning et Nomi.

S’il avance, ce projet de bioraffinerie n’est pas totalement acté. « Le financement de l’Union Européenne (UE) est une étape cruciale. Mais nous devons aussi nous assurer que nous pourrons commercialiser les 80 millions de litres de bioéthanol de 2e génération que nous envisageons de produire annuellement , avant de donner le feu vert pour la construction de notre usine de bioéthanol. Afin de s’assurer de cela, nous avons besoin d’un cadre politique et juridique qui fixe un taux minimum d’incorporation de biocarburants de 2e génération dans l’essence », explique Jørgen Udby, président du consortium, ajoutant que la décision de l’UE de fixer un niveau minimum de 0,5 % de biocarburants 2G d’ici 2020 est un bon début. 
Rappelons que NER 300 est un instrument de financement géré conjointement par la Commission européenne, la Banque européenne d’investissement et les États membres, qui a été doté de 300 millions de quotas d’émissions de CO2 pour subventionner des installations de technologie d’énergie renouvelable innovantes et de capture et stockage du carbone. La vente de ces quotas a permis de recueillir 2,1 milliards d’euros pour réaliser ces financements.

Décision en fin d’année pour le projet d’UPM à Strasbourg

En France, parallèlement, le projet de la société UPM avait reçu en décembre 2012 une subvention de 170 millions d’euros de ce programme NER300 pour la construction d’une unité de BTL (biomass to liquid) à Strasbourg de 420 millions d’euros. Cette unité qui produirait du biodiesel de deuxième génération à base de bois par la voie thermochimique (voie identique à celle retenue par le projet pilote BioTfuel ) est toujours à l’état de projet. Le groupe UPM doit se prononcer d’ici à la fin de l’année sur le « go – no go » pour conserver sa subvention. Le groupe attend encore que soient levées des incertitudes sur la position de la Commission européenne (CE) relativement au sujet du changement d’affectation des sols (ILUC). Par ailleurs, il est apparu que le montant d’investissement serait plus élevé que prévu. Du coup, UPM est toujours en discussion avec la direction générale du climat de la CE sur ces questions et réserve sa décision finale d’investissement pour le second semestre, selon Jean-Marc Louvet, président d’UPM France.

A ce jour le lancement des biocarburants de deuxième génération reste donc assez laborieux. Si les références mondiales et européennes de pilotes se multiplient dans le bioéthanol 2G, avec notamment une première unité industrielle installée en Italie et le pilote Futurol dans la Marne, l’accès au biodiesel 2G semble en revanche plus complexe, notamment pour ce qui est des procédés de gazéification. Claude Roy, président du CLUB des bio-économistes rappelle à cette occasion que la France possède 16 usines de production de biocarburants de première génération éprouvés, performants et rentables. Elles permettent notamment d’éviter chaque année l’importation de l’équivalent de près de 100 navires pétroliers Erika, ainsi que l’importation de tourteaux de soja pour l’alimentation animale. Le développement des filières 2G ne part donc pas de rien, et de loin. Elle demandera du temps et va nécessairement demander des investissements longs et coûteux pour rencontrer le succès.

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