Biocides biologiques : pas d’autorisation de mise sur le marché pour Amoéba

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Coup dur pour le producteur de biocides biologiques Amoéba, sa substance active Willaertia magna C2c Maky a vu sa demande d’autorisation recalée par le Comité des Produits Biocides, géré par l’Echa (agence européenne des produits chimiques). La demande requerrait notamment un usage dans les tours aéroréfrigérantes industrielles, souvent sujettes aux légionelles (TP 11- Produits de protection des liquides utilisés dans les systèmes de refroidissement et de fabrication).

L’Echa a motivé sa décision de ne pas approuver le principe actif de la façon suivante : « parce que son efficacité n’est pas suffisamment démontrée et parce qu’il ne peut être exclu qu’il y ait des effets inacceptables sur la santé humaine en raison d’un soi-disant effet de «cheval de Troie», l’amibe agissant comme réservoir pour d’éventuelles bactéries pathogènes« .

« Cette opinion devra être confirmée par la Commission Européenne à travers un règlement d’exécution selon la procédure réglementaire. Le règlement d’exécution est attendu courant du quatrième trimestre 2018 » estime Amoéba. Dans tous les cas, la société indique qu’elle fera « tout ce qui est en son pouvoir pour faire respecter ses droits ». Elle déposera notamment une demande d’annulation de la décision auprès des juridictions compétentes européennes, conjointement avec une demande de suspension de la décision. La suspension pourrait intervenir rapidement après la publication du règlement d’exécution.

L’Anses mise en cause

Dans le communiqué publié par Amoéba, Fabrice Plasson, président, critique explicitement l’Anses qui a récemment remis un rapport qui ne recommendait pas l’approbation.  Pour lui, c’est l’agence « campée sur sa position », qui a forgé l’opinion du Comité des Produits Biocides. Il estime d’ailleurs cette opinion « incompréhensible au regard des éléments du dossier et de l’absence de risque avéré ».

Amoeba prévoit désormais de court-circuiter la France en annonçant la soumission d’une nouvelle demande auprès d’un autre état membre qui serait davantage convaincu par sa technologie. En attendant, la sanction est lourde. Cotée sur le compartiment C d’Euronext Paris, la société a vu son cours de Bourse divisé par trois à l’annonce de cet échec.

La société en bref

Amoéba a pour ambition de devenir le leader mondial du traitement du risque microbiologique dans l’eau, les plaies humaines et la protection des plantes. Sa solution Biomeba se présente comme une alternative aux produits chimiques. Pour le moment, la société cible le marché des tours aéroréfrigérantes industrielles (TARs) qu’elle évalue à 1,7 Mrd € sur un marché global des biocides chimiques pour le traitement de l’eau, estimé à 21 Mrd €. A terme, la société envisage de se développer sur de nouvelles applications telles que le traitement des plaies chroniques, évalué à 751 millions d’euros aux Etats-Unis, et le marché du biocontrôle pour la protection des plantes estimé à 1,6 Mrds €.

Créée en 2010 et membre du réseau Bpifrance Excellence, Amoéba a inauguré un site industriel à Chassieu (Lyon, France) en 2016, suite aux activités de développement industriel réalisées en partenariat avec le démonstrateur Toulouse White Biotechnology «TWB». La société possède également une filiale au Canada et aux Etats-Unis.

 

 

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