Biocarburants : interdiction de l’huile de palme en Europe à l’horizon 2021

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Le fruit du palmier à huile (c)Clariant

Le Parlement européen a voté le 17 janvier pour une sortie progressive de l’huile de palme pour la production de biocarburants. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’établissement d’une série d’objectifs visant à une utilisation plus propre et plus efficace de l’énergie dans l’Union européenne (UE) d’ici à 2030. Selon ce texte, l’UE devra à cet horizon avoir accru son efficacité énergétique de 35 %, et que 35 % de la consommation énergétique totale proviennent d’énergies renouvelables (EnR). Parmi les différents objectifs fixés, chaque État-membre devra respecter une exigence que les EnR représentent 12 % de la consommation totale dans les transports,. Le niveau d’utilisation des biocarburants de première génération restera plafonné d’ici à 2030 à un maximum de 7 %, soit le niveau de 2017. « C’est la première fois qu’une législation européenne développe, notamment, des objectifs couvrant 35 % d’énergie renouvelable, et 35 % d’efficacité énergétique, une stratégie méthane, un dispositif pour lutter contre la précarité énergétique », déclare Michèle Rivasi, députée européenne EELV.

Levée de bouclier en Malaisie

Cette annonce sur l’interdiction de l’huile de palme dans les biocarburants européens a été mal perçue notamment la Malaisie. Ainsi, le Ministre malais du Commerce international et de l’industrie Dato Sri Mustapha Mohamed pointe du doigt cette décision qui est « clairement un cas de discrimination à l’encontre des pays producteurs de l’huile de palme ». Il indique que « le vote de cette directive va affecter négativement les conditions de vie de plus de 650 000 petits producteurs d’huile de palme » dans son pays. Estimant que cette initiative constitue « une tentative délibérée de bloquer l’accès à son marché de l’huile de palme », la Malaisie entend prochainement en référer aux instances de l’Organisation mondiale du commerce.

La chimie du végétal opte pour le palme durable

Si l’huile de palme n’entrera plus dans les biocarburants d’ici à 2021, elle restera tout de même utilisée dans le domaine des produits chimiques biosourcés. Ainsi, plusieurs chimistes se sont engagés dans l’utilisation de palme durable. Par exemple, la division Advanced Materials de Lubrizol a rejoint en janvier 2015 l’association à but non lucratif Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), qui promeut des normes mondiales pour l’huile de palme durable, avec des certificats d’adhésion. C’est ainsi que le chimiste suisse Clariant a fait certifier Mass Balance RSPO ses sites de production de Tangerang (Indonésie) et de Tarragone (Espagne) en 2016. Côté français, le groupe Seppic a obtenu la certification Mass Balance RSPO pour son site de production de Castres en mars 2015. Enfin, le géant de la cosmétique L’Oréal est même allé plus loin en publiant son rapport d’avancement consacré à ses approvisionnements en huile et en dérivés de palme en juin 2016.

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