Biocarburants G1 : vers un plafonnement à 5,5 % en Europe

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La commission Environnement du Parlement européen vient d’approuver différentes mesures visant à plafonner l’usage de biocarburants classiques de première génération dans les transports. Elles ont été proposées par l’eurodéputée française Corinne Lepage. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par l’utilisation de terres agricoles pour la production de biocarburants, entraînant un changement d’affectation des sols indirect (CASI). « Des modèles scientifiques ont montré que ce phénomène, s’il est pris en compte dans le bilan du cycle de vie d’un carburant, peut annuler une partie des effets positifs des biocarburants », explique la commission.

Pas plus de 5,5% de biocarburants G1

Les États membres visent pourtant 10 % d’énergie renouvelable dans les transports d’ici à 2020. Mais les mesures votées préconisent que la part des biocarburants G1, dérivés de cultures alimentaires et énergétiques, ne dépasse pas 5,5 % de l’énergie consommée dans les transports en 2020. Pour les biocarburants avancés, c’est-à-dire ceux produits à partir de sources comme les algues ou des déchets, l’objectif est fixé à 2 %. Enfin, l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables devra compter pour 2 %.

Des conséquences lourdes pour l’agroindustrie

Ce rapport législatif sera soumis au vote du Parlement en séance plénière à Strasbourg (Bas-Rhin) en septembre prochain. Ces mesures ont été assez fortement décriées par le groupe français Sofiprotéol qui a dû entamer une restructuration de son activité dédiée au biodiesel en raison de surcapacités liées notamment à ce projet de plafonnement. La société fait les frais d’un taux d’incorporation de biocarburants de 1re génération, notamment le biodiesel, réduit de près de moitié par rapport à l’objectif de la Directive européenne de 2009 en vigueur. Sofiprotéol regrette également la prise en compte du facteur CASI « qui attribue au biodiesel un très mauvais bilan environnemental ». « Or la mesure de ce facteur ne repose actuellement sur aucun consensus scientifique. Il s’appuie essentiellement sur une étude américaine, celle de l’Ifpri, contestée par de nombreux scientifiques et dont l’auteur lui-même a récemment souligné la fragilité », explique le groupe français.

 

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