Biocarburant 2G : BioTfueL prêt à construire deux démonstrateurs

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Pilote de torréfaction BioTfuel  @Alexis Cheziere
Pilote de torréfaction BioTfuel @Alexis Cheziere

Le programme BioTfueL, qui vise à développer un procédé de conversion thermochimique de biomasse de deuxième génération en biodiesel et biokérozène (procédé Biomass to Liquid ou BTL), avance dans le respect de son calendrier. Cet été, la société Bionext qui fédère tous les partenaires de ce programme* a annoncé que la phase d’avant-projet détaillé était achevée et que le projet allait pouvoir aborder sa phase de démonstration. Pour cela, deux unités pré-industrielles vont être édifiées pour un montant global du projet de 180 millions d’euros d’investissement, dont 33 M€ de fonds publics apportés par l’Ademe, et le conseil régional de Picardie et le FEDER. Le site Sofiprotéol de Venette (Picardie) abritera une installation de préparation de la biomasse de 12 M€. Le site Total de Dunkerque (Etablissement des Flandres, Nord-Pas de Calais) accueillera l’unité de gazéification, d’une puissance de 15 MW, qui constitue le cœur du procédé, ainsi que le procédé de synthèse Fisher-Tropsh. Le 4 novembre dernier, les contrats de construction des principaux lots du site Total de Dunkerque ont été signés par Bionext avec les PME françaises Prosernat (pour le traitement du gaz de synthèse) et RBL-REI (pour la préparation des charges) ainsi qu’avec ThyssenKrupp Industrial Solutions (pour l’unité de gazéification et l’intégration globale du site). La signature de contrats de construction pour le site de Venette devrait suivre dans la foulée. 

Une mise en service en 2017

La construction de ces deux unités devrait durer environ 24 mois pour une mise en service en 2017. Puis, trois années sont prévues pour la mise au point d’un procédé qui sera ensuite commercialisé sous licence. Dans le cadre de cette phase de démonstration, il sera surtout vérifié que l’unité de gazéification est flexible et capable de traiter indifféremment les biomasses lignocellulosiques les plus diverses : du bois, de la paille de blé, de riz, des résidus végétaux… Mais elle devra aussi offrir la possibilité de co-traiter des ressources fossiles, comme du charbon ou du coke, pour assurer si besoin la rentabilité économique de futures installations. La conversion finale en biocarburant par synthèse de Fischer-Tropsch est un procédé qui est bien maîtrisé et déjà commercialisé sous licence par Axens, partenaire de BioTfueL.

Outre l’approvisionnement en matière première, une autre clé de la compétitivité résidera dans la taille des futures unités industrielles. Le directeur général évoque une puissance de 800 MW pour un gazéifieur de taille industrielle, correspondant à une capacité de production de 200 000 t/an de biocarburant liquide. Dans ce cas de figure, un co-traitement de matière fossile prendrait tout son sens pour éviter tout risque de rupture d’approvisionnement de biomasse, en particulier pour des raisons de saisonnalité.

*Le programme BioTfueL associe six partenaires : Total, Sofiprotéol, Axens, IFP Energies nouvelles (IFPEN) et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et ThyssenKrupp Industrial Solutions.

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