Bazancourt-Pomacle, une des 17 grandes plateformes chimiques du territoire

Partager cet article avec :
Vue du site agroindustriel de Bazancourt-Pomacle.
Vue du site agroindustriel de Bazancourt-Pomacle.

La plateforme agro-industrielle de Bazancourt-Pomacle, en Champagne-Ardenne, a été récemment prise comme objet d’étude par l’industrie chimique dans le cadre d’un benchmark sur ses grandes plateformes en comparaison avec l’Allemagne et la Belgique. Une étude réalisée par le cabinet Advancy pour le compte du Pipame (Pôle interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations économiques) et de l’UIC. On y apprend que cet Institut Européen de la Bioraffinerie (IEB) fait partie des 17 plateformes chimiques recensées sur notre territoire par le ministère de l’écologie dans une circulaire datant de juin 2013. Avec un effectif de 1200 personnes (2000 en comptant les saisonniers), le site est encore de petite taille, comparé au cluster rhônalpin de la chimie (4900 personnes) ou la plateforme du Havre (5700 personnes, raffinerie incluse). En revanche, l’IEB se distingue par sa focalisation sur la transformation de betterave et de blé, alors que les autres plateformes chimiques françaises sont basées sur l’usage de matière première fossile. Outre la production de sucre et d’éthanol, notamment pour le secteur alimentaire, l’IEB a su gagner ses galons dans la chimie en se diversifiant dans la chimie fine et les biotechnologies. Le rapport cite l’exemple de Soliance, un des tout premiers acteurs mondiaux de l’acide hyaluronique qui vient de passer dans le giron de Givaudan.

Une transformation de plus de 3 Mt/an de biomasse

La production totale de Pomacle correspond à la transformation de plus de 3 millions de t/an de biomasse (1Mt/an de blé et 2 Mt/an de betterave). Et l’étude souligne que 12 hectares de foncier sont actuellement disponibles pour de futurs investissements, sur un périmètre historique de 260 hectares. Il faut toutefois souligner qu’un nouveau parc de 180 hectares va s’ajouter à cette superficie. 40 hectares seront même immédiatement disponibles pour des activités en ligne avec celles de la plateforme.

Pomacle n’a pas de gouvernance mutualisée, comme sur les plateformes de Lacq-Mourenx (64) ou de Roussillon (38), alors que c’est un modèle largement répandu dans l’industrie chimique allemande. En revanche, les entreprises de la plateforme, dont Cristal Union, Cristanol, Chamtor, Futurol, ARD, Soliance, BioDemo, Vivescia, Air Liquide… entretiennent des liens très forts (synergies eau, vapeur, effluents, produits, énergie, R&D…), soulignent les auteurs de l’étude. On peut même parler d’écologie industrielle entre ces acteurs. Un autre atout mis en avant est la participation active des collectivités locales et des actions de promotion via la fondation Jacques de Bohan. Pomacle est enfin un haut lieu de la recherche en biotechnologie industrielle avec la société ARD de renommée internationale. Cette compétence devrait être renforcée avec le projet de construction du Centre d’excellence en biotechnologies blanches (CEBB) de Pomacle, lancé en juin 2014. Ce centre accueillera AgroParisTech, l’Ecole Centrale Paris, Neoma Business School et l’Université de Reims Champagne-Ardenne pour donner à la plateforme une « dimension campus » au delà de la recherche et de la production.

L’étude « Benchmark européen sur les plateformes, quels sont les leviers pour améliorer la compétitivité des plateformes françaises » est disponible sur le site de la DGE (Direction générale des Entreprises.

www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/benchmark-europeen-sur-plateformes-chimiques

 

Partager cet article avec :