Chimie du végétal : BASF renonce à produire de l’acide acrylique biosourcé

Partager cet article avec :
A Freeport aux Etats-Unis, BASF opère un vapocraqueur et des unités d'acide acrylique.
A Freeport aux Etats-Unis, BASF opère un vapocraqueur et des unités d’acide acrylique.

Le groupe chimique BASF a décidé de cesser sa collaboration de R&D avec Novozymes et Cargill dans le domaine de la production d’acide 3-hydroxypropionique (3-HP) par voie fermentaire à partir de sucres renouvelables, sans donner plus d’explication. BASF avait rejoint Novozymes et Cargill en 2012, alors que ces deux partenaires travaillaient sur cet intermédiaire de l’acide acrylique depuis 2008. Ils ont d’ailleurs annoncé leur intention de poursuivre leur collaboration. Chez Cargill, le vice-président R&D, Jack Staloch, a déclaré : « Nous poursuivons notre travail avec Novozymes pour commercialiser le 3-HP biosourcé et des produits chimiques qui en découlent, y compris de l’acide acrylique. Notre intention est d’apporter à nos clients des solutions plus durables que les produits chimiques d’origine fossile ».
Le projet respectait pourtant son calendrier. En 2013, il avait franchi le stade de l’échelle pilote, et un an plus tard avait été annoncée la conversion réussie de 3-HP en acide acrylique glacial puis en polymères superabsorbants. Mais BASF anticipe probablement un problème de rentabilité. A l’heure actuelle, l’acide acrylique est produit par oxydation du propylène d’origine pétrolière. Or le prix de cette matière première est entraîné dans la spirale baissière du cours du pétrole.

BASF jette l’éponge après Arkema

Du coup, si l’on dresse le bilan des projets sur la production d’acide acrylique biosourcé, on observe que Novozymes et Cargill sont toujours dans la course, ainsi que la jeune société OPXBIO soutenue par Evonik. En revanche, le projet d’Arkema qui s’appuyait sur l’usage de glycérol n’a pas atteint le stade commercial. Et aujourd’hui BASF baisse les bras.
L’acide acrylique est une cible convoitée car c’est un produit chimique à grand volume qui alimente un arbre de produits très vaste. L’une des principales applications reste la fabrication de polymères superabsorbants qui peuvent absorber de grandes quantités de liquide et sont utilisés principalement dans les couches pour bébés et autres produits d’hygiène. L’acide acrylique est également utilisé comme matière première pour les liants des revêtements et adhésifs.

Partager cet article avec :