Avec Celtic Renewables, les voitures vont carburer aux résidus de whisky

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Le professeur Martin Tangney, président-fondateur de Celtic Renewables.

La start-up écossaise, Celtic Renewables, a réussi à faire rouler une première voiture, en l’alimentant avec un biocarburant produit à base de résidus de la production de whisky, sans faire de modification au niveau du moteur. Pour ce premier essai sur véhicule, Celtic Renewables a travaillé en étroite collaboration avec la distillerie de Tullibardine à Perthshire au centre de l’Ecosse.
Le carburant en question est un biobutanol obtenu à partir de deux co-produits : le résidu liquide obtenu dans les alambics de cuivre après distillation « pot ale » et celui issu du brassage de l’orge « draff ». Ces deux résidus, riches en sucres (xylose, arabinose, glucose), sont ensuite utilisés pour nourrir des bactéries. Pour cette deuxième étape, la technologie développée par Celtic Renewables utilise un procédé de fermentation initialement conçu au Royaume-Uni au début du siècle dernier pour produire de l’acétone pour des explosifs utilisés dans la Première Guerre mondiale. Ce procédé avait été remisé dans les années 1960 en raison de la concurrence de l’industrie pétrochimique. Aujourd’hui, Celtic Renewables le ressuscite en l’appliquant aux résidus de l’industrie du whisky.

Une unité de démonstration annoncée à Grangemouth

La société basée à Edimbourg a récemment reçu un soutien financier de 9 millions de livres du gouvernement écossais pour participer à la construction d’une unité de démonstration commerciale sur le site d’Ineos à Grangemouth (Ecosse) dont la mise en service est prévue pour 2018.
A priori l’unité ne manquera pas de matière première. Chaque année, l’industrie du whisky en Ecosse produit près de 750 000 tonnes de draff et 2 milliards de litres de pot ale. Celtic Renewables envisage de mettre ces résidus à profit en les transformant en millions de litres de biocarburants avancés. Selon le professeur Martin Tangney, président-fondateur de la société, cette manne ouvre à Celtic Renewables des perspectives de marché qui se chiffrent en milliards de dollars.

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