Arômes : Nactis jongle sur les molécules de synthèse et le biosourcé

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Nactis est un spécialiste des arômes.
Nactis est un spécialiste des arômes.

Article paru dans la revue Formule Verte n°19, septembre 2014

Dans le métier de l’arômatisation, les formulations ne sont pas toujours à base d’ingrédients naturels. Les clients de Nactis penchent cependant de plus en plus vers des solutions biosourcées lorsqu’ils peuvent valoriser le surcoût auprès de leurs propres clients.

Créée en 1996, Nactis est un spécialiste des arômes alimentaires. La société, qui réalise un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros pour un effectif de 200 personnes, a fondé son développement sur des acquisitions successives avec la reprise des sociétés Baube, Aralco, Sevarome, et Aromex, Synarome, Sofral puis PB Gelatins. La société détient ainsi 5 sites de production avec son siège de Bondoufle qui abrite également l’essentiel de la R&D et de la production de compositions alimentaires. Le site de Chartres, qui appartenait à Synarome, regroupe toutes les activités liées à la parfumerie, ainsi que des installations de chimie. Nactis retravaille par exemple des arômes naturels pour en améliorer les propriétés. Un atelier est ainsi consacré à des opérations d’extraction, de distillation, d’estérification ou d’acétylation de produits naturels. « On modifie et on améliore les produits naturels » confie le responsable de l’atelier. Ensuite ce sont des matières premières que Nactis commercialise ou dont il fait un usage captif pour proposer des compositions exclusives. A côté de cet atelier spécialisé dans la « reprise » de produits naturels, un atelier de chimie produit des arômes artificiels par synthèse organique. Il est notamment équipé de réacteurs en inox et acier vitrifié et d’un distillateur automatique qui peuvent effectuer jusqu’à 4 ou 5 étapes de synthèse successives. A ces deux sites s’ajoutent 3 sites alsaciens, ainsi que 3 filiales industrielles en Tunisie, Bulgarie et Pologne. Par le biais de ses 12 commerciaux, de ses filiales internationales et des sociétés de distribution ou agents qui la représente, la société est présente dans 50 pays. Elle réalise déjà 25% de son chiffre d’affaires à l’export.

Nactis travaille ainsi sur la production de matières premières originales. En alimentaire, on peut citer l’exemple de la « fumée liquide », une composition brevetée à base de bois de hêtre pyrolysé et qui permet de remplacer des fumaisons traditionnelles dans le domaine de la charcuterie. Néanmoins, le cœur de métier de Nactis reste la formulation à travers le développement de bases d’arômes ou de parfums, correspondant à des mélanges de divers ingrédients sur base naturelle ou synthétique. D’ailleurs dans ses laboratoires de R&D, auxquels la société consacre 7 à 8% de son chiffre d’affaires, les opérateurs réalisent surtout des assemblages. « 30 personnes travaillent en R&D. Ce sont principalement des ingénieurs aromaticiens, des parfumeurs et des chimistes » explique Hervé Lecesne. « A terme, nous envisageons de spécialiser un aromaticien sur le secteur de la pharmacie ».

Un métier de formulateur

Ces chercheurs créent des compositions à partir de briefs ou de bases d’arômes ou de parfums qu’il leur faut reproduire. Le tout dans un laps de temps de 10 jours à réception de la commande. Ainsi dans ces laboratoires, il n’y a moins d’équipements de la chimie traditionnelle que d’outils de formulation. On y hume ou déguste des compositions de parfums ou d’arômes qui sont bâties à partir de milliers de matières premières naturelles ou de synthèse que Nactis stocke dans ses réserves. « Nos matières premières viennent du monde entier. Nous évitons cependant les sources chinoises car beaucoup de clients n’en veulent pas » explique une chercheuse. Cinq personnes travaillent d’ailleurs pour le service achat à la recherche de nouvelles matières premières, un poste stratégique pour tout spécialiste de la formulation.

Pour l’heure, la société Nactis réalise 90% de son chiffre d’affaires dans les arômes alimentaires. Les 10% restants sont apportés par les arômes pour la pharmacie et les compositions pour parfums. Mais, la PME Nactis souhaite désormais étendre son savoir faire au monde de la pharmacie. En effet, dans le domaine des médicaments par voie orale, nombre de produits sont candidats à l’aromatisation. Dans certains cas, il s’agit de couvrir une amertume ou de proposer un goût ou une coloration susceptibles de rendre plus attractifs des médicaments, en particulier lorsqu’il s’agit de soigner des enfants, parfois réfractaires à la prise de traitements. Pour grossir dans ce secteur des arômes pharmaceutiques qui relève du domaine des excipients, Nactis a nouvellement adhéré au Sicos Biochimie. Nactis envisage même la possibilité d’associations avec quelques fournisseurs de principes actifs adhérents du syndicat pour se rapprocher des donneurs d’ordre de la pharmacie. Parmi les autres leviers possibles, Hervé Lecesne n’exclut pas la croissance externe, à travers le rachat de sociétés déjà spécialisées dans ce domaine pharmaceutique.

 

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