Arnaud Montebourg pousse le biodégradable et le biosourcé

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Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a présidé le 4 février dernier, à Lyon, une nouvelle réunion du comité stratégique de la filière chimie-matériaux. Créées en 2005 sous le nom de Cosic, ces réunions ont pour objectif « d’unifier l’ensemble des entreprises, des partenaires sociaux, des collectivités locales sur des enjeux industriels d’innovation technologique et de reconstitution de l’appareil productif fragilisé ou abîmé » a résumé le ministre. Après la filière automobile, l’aéronautique, le nucléaire, le secteur des énergies renouvelables, c’était donc le tour de la filière chimie-matériaux. Aujourd’hui, les entreprises de ces secteurs ne sont pas considérées en péril. Toutefois elles sont attaquées par une concurrence mondiale qui pèse de plus en plus sur leur compétitivité. « Il faut aussi savoir soutenir et préserver les secteurs qui marchent » a estimé A. Montebourg.
Pour ce faire, industriels de la chimie et des matériaux se préparent à la signature d’un contrat de filière avec les pouvoirs publics d’ici au mois de juin. Dans ce contrat, les deux parties prendront des engagements, dans une démarche « donnant-donnant ». Il prendra la forme d’un document en dix points, reprenant des sujets clés pour les industries de la chimie et des matériaux. Une première copie a été présentée au ministre ce lundi, mais les débats et remarques ont montré que le projet « n’avait pas atteint un niveau d’avancement suffisant ». D’autant que le ministre veut des mesures concrètes. Les parties prenantes vont devoir réviser légèrement leur copie pour cet été. Néanmoins les grandes lignes de ce contrat sont déjà connues, avec la question de l’énergie placée au coeur de ce projet.
Des gaz de houille en marinière
Arnaud Montebourg s’est ainsi déclaré en faveur d’une réouverture des recherches exploratoires sur les gaz de schiste. « Il faudrait connaître nos réserves et imaginer des technologies d’extractions plus modernes » a-t-il déclaré. Sur cette question, le ministre n’a pas hésité à parler de « choc de concurrence sauvage des pays qui ont investi dans l’exploitation de gaz de schiste ». Il souhaite d’ailleurs que ce débat soit porté dans le cadre des travaux sur la transition énergétique menées par Delphine Batho. Dans tous les cas, l’exploitation de gaz de schiste reste une perspective de long terme sur le territoire français, alors que les Etats-Unis, plus réactifs, se rebâtissent déjà toute une industrie pétrochimique. Pour patienter, le ministre a proposé de se pencher sur la question de l’exploitation des gaz de houille, des gaz emprisonnés dans nos anciennes exploitations de charbon et qui ne nécessiteraient pas de passer par une fracturation hydraulique pour les extraire. « Un gaz made in France, un gaz en marinière en quelque sorte qui pourrait assurer à la France entre 5 et 10 ans de consommation », a plaisanté le ministre. Le ministre compte sur les industriels pour se pencher sur la faisabilité. En échange, les pouvoirs publics pourraient se charger de convaincre les populations du bien fondé de cette exploitation. Un autre sujet évoqué est celui de la cogénération. Aujourd’hui, les contrats sur les unités de première génération arrivent à leur terme. Sur la plateforme de Roussillon, que le ministre a visité plus tard dans la journée, l’unité de cogénération est arrêtée. Sur ce sujet, Philippe Goebel, président de l’UIC, a expliqué que les industriels de la chimie vont s’engager à améliorer l’efficacité énergétique dans leurs entreprises, pendant que les pouvoirs publics pourront mettre en œuvre des aides à la rénovation de ces unités de cogénération.
Des sacs à usage unique 100% biodégradables
Le ministre a ensuite mis l’accent sur l’important volet de la « chimie du végétal ». Il souhaite que les industriels avancent sur le thème de la biodégradabilité et de l’origine biosourcée des sacs plastiques, en particulier les sacs à usage unique. En contrepartie des mesures seront prises par le gouvernement pour renforcer leur usage. « Il faut remplacer 90% des sacs de caisse importés d’Asie par 100% de sacs fabriqués en France » a déclaré le ministre.
L’aide aux PME et ETI se retrouve dans un projet de fonds filière pour assurer leur soutien, mais c’est une mesure que tous les industriels de la chimie ne voient pas forcément d’un bon œil en période de crise.
Sur le volet matières premières, le contrat de filière fixe l’objectif de permettre  le développement en France d’une filière de recyclage des matières plastiques. Et en matière d’innovation, un comité spécifique va être mis en place pour que les besoins en produits innovants soient mieux identifiés par les industriels de la chimie. La création d’un centre technique dans le domaine de la plasturgie est aussi à l’étude.
Pour ce qui est de la compétitivité des installations, le contrat de filière appuiera l’aide au développement de plateformes permettant de partager ressources et moyens, sans négliger l’amélioration des unités existantes. En matière de formation, des actions ont été décidées visant à favoriser le développement de l’apprentissage. Une action pilote va être engagée en 2013 pour la mise en place d’une « maison de l’apprenti » à proximité des centres de formation.
Toutes ces initiatives visent à soutenir l’emploi, sachant que l’effectif de la filière s’établit à 400 000 personnes, dont 160 000 pour la seule industrie chimique. Le rythme des embauches est de déjà de 15 000 personnes par an, mais ne doit pas se tarir.

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