ARD a investi 7,5 M€ dans ses nouveaux locaux de Bazancourt-Pomacle

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Le nouveau bâtiment d'ARD.
Le nouveau bâtiment d’ARD.

La société de recherche et développement ARD a inauguré le 28 mai de nouveaux locaux sur la bioraffinerie de Bazancourt-Pomacle dans la Marne. Installée sur le site depuis sa création en 1989, la société a déménagé dans un bâtiment neuf, plus spacieux, à la suite de la cession de sa filiale Soliance au groupe suisse Givaudan. ARD, qui réalise un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros pour un effectif de 90 personnes, a investi 7,5 M€ dans ce projet qui a nécessité la construction d’un nouveau bâtiment par la société Pingat, ainsi que l’achat de nouveaux équipements à hauteur de 500 000 euros.

Désormais dans ce nouvel espace, doté de 2700 m2 de bureaux et 1800 m2 de halle pilote, ARD est en mesure de réaliser des travaux du stade de la recherche de laboratoire à la production quasi-industrielle en un même lieu. Ces nouveaux locaux jouxtent en effet son démonstrateur BioDemo construit en 2009 (ce qui porte à 9200 m2 la surface totale des installations). Ce démonstrateur permet de produire des lots industriels grâce à un bioréacteur de plus de 185 m3. Entre les deux, la société assure des stades de micropilotes et pilotes pour le développement de chaque opération unitaire d’un procédé.

Du laboratoire à la démonstration industrielle

Cette capacité à faire du développement sur toute la chaîne TRL (Technology Readiness Level), qui va de 1 à 9, ARD la met en œuvre dans deux domaines particuliers celui des biotechnologies et de la chimie du végétal. En biotechnologie, la société est positionnée sur la production de molécules d’intérêt par fermentation de sucres (glucose et saccharose) par des bactéries, levures ou champignons. ARD travaille sur cette matière première qu’est le sucre car la société est à l’initiative des coopératives Vivescia (céréaliers) et Cristal Union (Betteraviers) qui avait besoin d’un centre de recherche pour de nouvelles valorisations de leur biomasse. Cette spécialité lui est ainsi restée.

Dans la chimie du végétal, ARD mène des travaux sur le fractionnement végétal et la valorisation de fractions comme les xyloses. Par exemple, ces sucres en C5 peuvent être transformés chimiquement en xylitol pour des applications dans des pâtes dentifrices ou être combinés à des chaînes grasses pour la production de tensioactifs ou émulsionnants pour la cosmétique et la détergence.

Un nouveau départ

Mais plus qu’un déménagement, cette inauguration est aussi pour ARD l’occasion de prendre un nouveau départ. « Notre business model est d’être des fournisseurs de services de R&D dans le cadre de la bioraffinerie pour des start-up ou des sociétés industrielles qui trouvent avantage à travailler ici » explique Yvon le Hénaff, directeur général d’ARD. Alors qu’elle continuera à mener des projets de R&D pour ses principaux actionnaires Vivescia et Cristal Union, la société ambitionne en effet de s’ouvrir plus largement à des partenaires extérieurs, notamment à l’international. Le pli est déjà pris, mais il doit s’amplifier. BioDemo doit sa construction à la mise au point du procédé de production d’acide succinique de l’américain BioAmber qui est allé industrialiser sa solution au Canada. Yvon Le Hénaff explique que démonstrateur travaille également pour la start-up américaine Amyris, tandis que le Français Global Bioenergies dispose d’un pilote sur le site, sans citer plus de noms pour cause d’accords de confidentialité. Et de toute évidence, les prestations d’ARD intéressent, en particulier le démonstrateur BioDemo qui est une denrée rare en Europe, comme dans le monde. « Ces derniers temps, nous avons vu beaucoup de sociétés américaines qui s’intéressent à nos installations » confie le directeur général. D’ailleurs en 2015 sur un chiffre d’affaires prévisionnel stable par rapport à 2014, il envisage 4 M€ de revenus issus de travaux pour des sociétés américaines.

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