Antofénol valorise les déchets viticoles en produits de biocontrôle

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Article paru dans le magazine Formule Verte n°25, mars 2016

La jeune société montpelliéraine propose des prestations d’extraction à façon de matières végétales par un procédé technologique innovant. A terme, elle souhaite commercialiser des produits d’intérêt industriel élaborés à partir d’extraits végétaux.

Et si les cépages des vignobles français n’étaient plus seulement utilisés pour la production de vin, mais également pour celle de produits pour l’agriculture? Si cette idée peut paraître farfelue au premier abord, c’est pourtant celle que suit la société montpelliéraine Antofénol. « L’histoire a commencé, il y a quelques années, durant mes études, lorsque j’ai échangé avec un viticulteur qui cherchait un moyen de rentabiliser davantage son exploitation. Ayant une formation d’ingénieur en biotechnologies, c’est alors que j’ai songé à construire un projet dans la valorisation des extraits de coproduits et sous-produits viticoles », se souvient Fanny Rolet, directrice générale d’Antofénol. La start-up a ainsi vu le jour en juin 2014 et emploie un effectif de deux salariés à l’heure actuelle.

Des prestations d’éco-extraction

La jeune société propose des prestations d’éco-extraction à façon de composés d’intérêt à partir de matière végétale. « Le procédé d’extraction que nous utilisons combine trois différentes techniques: les micro-ondes, les ultrasons et le vide. Cela permet d’extraire des produits dont la composition chimique est très peu exploitée », explique Fanny Rolet. Avant de poursuivre: « De plus, notre technique d’extraction s’effectue selon un procédé écologique, sans utilisation de solvants chimiques ». Outre les prestations d’extraction, Antofénol propose des services de caractérisation biochimique des composés (en partenariat avec l’Université de Montpellier 2), d’études de faisabilité et de la mise au point de protocoles d’extraction. La start-up s’occupe également d’essais de scale-up industriel des procédés (du laboratoire jusqu’au pilote pré-industriel) en fonction des contraintes techniques, budgétaires et opérationnelles du client. En parallèle de cette activité de services à façon, Antofénol travaille également au niveau de sa R&D. « Nous avons isolé et validé à la fois in vitro et in vivo un extrait végétal, contenant trois molécules d’intérêt. Notre objectif est de les utiliser pour formuler des produits naturels de conservation, de biocontrôle ou encore des ingrédients cosmétiques à horizon 5 à 7 ans », détaille Fanny Rolet. Avant d’ajouter : « à moyen terme, nous souhaiterions que les revenus générés par la commercialisation de produits formulés soient plus importants que ceux réalisés avec nos prestations d’éco-extraction ». Ce n’est d’ailleurs pas le seul développement envisagé par Antofénol. La société montpelliéraine s’est également fixé pour objectif de diversifier son portefeuille, en proposant des biostimulants naturels. En outre, elle voudrait ne plus se limiter aux déchets viticoles, comme l’indique Fanny Rolet : « Nous travaillons à valoriser les coproduits agricoles, qui sont disponibles à la fois en masse, et à bas coût ».

Une stratégie de croissance ambitieuse

La société Antofénol est optimiste sur son développement dans les années à venir. Affichant actuellement un chiffre d’affaires d’environ 105 000 euros en 2014, elle ambitionne d’ici à cinq ans de générer des ventes de 1,4 M€, et d’accroître son effectif à une quinzaine d’employés. « Une fois nos produits de biocontrôle au point à échelle industrielle, nous opterons pour une stratégie de licensing, afin de bénéficier d’un réseau de distribution élargi », indique la directrice générale d’Antofénol. Dans un premier temps, la société montpelliéraine souhaite se développer sur le marché européen, en particulier en Espagne et en Italie. « à plus long terme, nous visons d’implanter des activités hors d’Europe, notamment au Maroc, en Amérique latine et aux états-Unis », précise Fanny Rolet. Pour soutenir sa croissance, Antofénol a d’ores et déjà prévu une levée de fonds d’environ 2 M€ cette année. ■

Antofénol en bref
Création en 2014
Effectif : 2 salariés
Chiffre d’affaires 2014 : 105000 €
Effectif à horizon 2020 : 15 collaborateurs
Chiffre d’affaires d’ici à 2020 : 1,4 M€
Partenaires: région Languedoc-Roussillon, Université Montpellier 2, technopole Bordeaux Montesquieu, Bpifrance, Roussillon incubation.
Trophée oenovation 2014,
Lauréat du réseau entreprendre 2014

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