Agriculture : Réduire de 30% l’usage de pesticides est possible sous conditions

Partager cet article avec :
Une filière agricole à la recherche de durabilité.

Dans le cadre du réseau DEPHY-Ferme, action du plan gouvernemental EcoPhyto visant à réduire et améliorer l’usage des produits phytosanitaires, les chercheurs de l’Inra, en collaboration avec l’entreprise Agrosolutions, ont étudié la relation entre le niveau d’usage de pesticides et les performances des systèmes de culture en termes de productivité et de rentabilité.

Les résultats, publiés dans Nature Plants le 27 février 2017, montrent qu’une réduction significative de l’usage de pesticides est possible sans dégrader, à l’échelle de l’exploitation agricole, les performances productive et économique, à condition d’adaptations conséquentes des pratiques agricoles qui pourront requérir un accompagnement des agriculteurs. Selon l’étude, la baisse d’IFT (Fréquence de Traitements phytosanitaires) moyenne des fermes qui changeraient de système de culture serait de 42%, sans baisse ni gain de rentabilité, soit une baisse moyenne extrapolée à l’échelle du territoire national de 30%, compte tenu des fermes qui ne pourraient changer leur système sans perdre en rentabilité. Selon ce scénario, les fermes qui changeraient de pratiques baisseraient en moyenne l’usage d’herbicides de 37%, l’usage de fongicides de 47%, et l’usage d’insecticides de 60%.

Un accompagnement des agriculteurs nécessaire

Ces résultats montrent que la réduction de l’usage des pesticides sans perte de performances est possible du point de vue technique et économique. Mais cela demande « des conditions d’adaptations conséquentes des systèmes de culture », comme par exemple la diversification des cultures, avec introduction de cultures rustiques ou de prairies temporaires en régions d’élevage, la diversification des variétés,  l’ajustement des dates de semis et des modalités de fertilisation associées à la modération des objectifs de rendement sur certaines cultures, l’utilisation des techniques de faux-semis et de désherbage mécanique. L’Inra estime que, « la mise en œuvre de ces adaptations n’est pas nécessairement facile et requiert un accompagnement des agriculteurs, par le conseil, l’organisation des filières, la couverture de l’augmentation de l’exposition au risque, etc ». De plus ces modifications conséquentes ne générant pas de gain économique pour l’agriculteur dans 89% des situations des mesures d’incitation économique semblent également indispensables (Paiements pour Services Environnementaux par exemple).

Partager cet article avec :