Afyren transforme la biomasse non alimentaire en molécules d’intérêt

Partager cet article avec :

Article paru dans la revue Formule Verte n°19, septembre 2014.

La start-up Afyren commercialise des procédés pour la valorisation de biomasse non alimentaire à des fins énergétiques et chimiques. Elle propose des briques technologiques pour la fermentation de biomasse sans besoin de la prétraiter.

Utiliser la diversité microbiologique des écosystèmes naturels pour optimiser la valorisation de la biomasse non alimentaire. Tel est le défi qu’est parvenu à relever la jeune société innovante Afyren créée en avril 2012 par Régis Nouaille et Jérémy Pessiot. Hébergée au sein du Laboratoire Microorganismes, génome et environnement (UMR CNRS/Université Blaise Pascal) à Aubière à proximité de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), la start-up développe des solutions microbiologiques couplées à des procédés chimiques, pour la production, à partir de biomasse, de molécules d’intérêt énergétique et chimique. « Afyren est née suite à sept années de R&D et notamment au programme de l’ANR AnabioH2, qui visait à valoriser les coproduits agricoles en hydrogène via un procédé microbiologique », raconte Régis Nouaille, président d’Afyren. Avant de continuer : « Suite aux études réalisées, nous nous sommes rendus compte que l’hydrogène était difficilement valorisable seul, et nous avons donc opté pour une approche du type bioraffinerie, où la biomasse peut être convertie en énergie et en commodités chimiques ». Afyren a ainsi mis au point un procédé associant plusieurs opérations unitaires (fermentation, extraction, synthèse, etc.) en milieu non stérile, biocompatible, sans étape de prétraitement chimique ou enzymatique de la biomasse. « Nous utilisons des mélanges de microorganismes issus d’écosystèmes anoxiques naturels pour traiter différents types de biomasse : coproduits lignocellulosiques, fraction fermentescible des ordures ménagères, lisiers, fumiers, sous-produits issus d’abattoirs, etc. », détaille Régis Nouaille. Ainsi, la technologie d’Afyren permet la production non seulement de biocarburants (hydrogène, méthane, alcanes…) mais également de produits chimiques :, acides carboxyliques de C1 à C8, oléfines (éthylène, butène), et autres produits pouvant se substituer aux produits pétrosourcés. En outre, la solution proposée par Afyren présente l’avantage d’être conçue pour produire un minimum déchets ultimes dans une approche d’écologie industrielle, contrairement aux vinasses, résidus de distillation, issues de la production de bioéthanol. « L’objectif est de concevoir une bioraffinerie qui tend vers le zéro déchet», affirme le président d’Afyren.

Des prestations de bureau d’études

Outre la solution technique en elle-même, la société Afyren propose une gamme de services d’expertise à l’instar d’un bureau d’études. « Nous offrons des services de mesure de potentiel méthanogène (BMP) et de biodégradabilité anaérobie afin d’optimiser la production de biogaz (méthane, hydrogène) » indique Régis Nouaille. Elle accompagne également les industriels via la réalisation d’études de faisabilité d’installations de méthanisation, et sur la co-digestion simultanée de différentes sources de biomasse. Afyren propose des prestations de R&D à façon pour sélectionner spécifiquement des mix microbiens pour valoriser un substrat donné en biomolécules cibles. La start-up propose également la caractérisation physico-chimique de substrats organiques (déchets ou effluents), ainsi que leur fractionnement pour optimiser leur valorisation. En termes de moyens, Afyren dispose notamment de méthodes de biologie moléculaire et d’outils analytiques pour mesurer la teneur en composés des substrats : acides gras volatils, azote, ammonium, phosphore, carbone, pH, alcools, sucres, gaz (N2, H2, O2, CO2, CH4, etc.), matières en suspension, fractions protéiques, etc.

La jeune société innovante vient tout juste d’être désignée lauréat du dernier Concours mondial de l’innovation 2030 organisé par le gouvernement. « Cette récompense va nous permettre d’avoir une meilleure reconnaissance aussi bien sur le point de vue scientifique que commercial. De plus, elle nous permet d’élargir notre réseau de partenaires potentiels », se félicite Régis Nouaille. Par conséquent, Afyren devrait voir son activité fortement décoller dans les années à venir. Elle souhaite notamment consolider ses brevets en vue de les exploiter commercialement. « Pour y arriver, nous avons encore besoin de nous doter d’un démonstrateur pré-industriel. Nous travaillons actuellement sur un fermenteur d’une capacité de 1 000 litres. Nous espérons achever la validation de cette phase pilote d’ici à 2016 », soutient le président d’Afyren. La société mène actuellement une procédure de levée de fonds afin d’accélérer le développement à échelle industrielle de son procédé, et de renforcer ses effectifs. « L’idéal serait de pouvoir proposer une licence en co-développement d’unités de production de plusieurs milliers de tonnes avec un partenaire industriel à l’horizon 2016-2020 », conclut Régis Nouaille.

 

Partager cet article avec :