Acide butyrique/propanediol : Metex relance l’industrialisation de son procédé

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Installation pilote de Metabolic Explorer.
Metex Pilote et Pré-Pilote. © Jérôme Pallé

C’est une annonce importante pour la société clermontoise Metabolic Explorer (Metex). Elle vient de révéler son intention de construire en propre une unité de production d’acide butyrique et de 1,3-propanediol (PDO) d’une capacité de 24000 t/an. Le projet sera mené en deux tranches : une première tranche de 6000 t/an (5 kt de PDO et 1 kt d’acide butyrique), représentant un montant d’investissement de 25 millions d’euros pour Metex, et une seconde tranche de 18000 t/an (15 kt de PDO et 3 kt d’acide butyrique).

La construction reste encore soumise à la conclusion d’un accord avec un industriel de premier plan, mais la société assure que « des discussions sont en cours avec deux industriels en Europe pour accueillir l’unité de production sur des sites industriels en reconversion ». Elle ajoute que les éléments clés des discussions portent sur :

  • La prise en charge par les industriels des coûts d’investissement nécessaires sur la plateforme pour accueillir l’investissement de Metex ;
  • Le montant de la participation des partenaires financiers et parties prenantes (banques, industriels, pouvoirs publics) ;
  • La partie réglementaire sur l’obtention des autorisations nécessaires au projet.

Pose de première pierre en 2018

La pose de la première pierre devrait intervenir à compter de la fin du premier semestre 2018 (à +/- 3 mois près), pour un lancement de la commercialisation prévu 24 mois après le début de la construction. Auparavant, la société aura sélectionné le maître d’oeuvre et l’assistance à maîtrise d’ouvrage ainsi que ses partenaires financiers.

Le procédé de production de propanediol par voie fermentaire de Metex est au point depuis longtemps. La société avait même prévu de l’industrialiser en Malaisie dès 2010. Mais le projet avait fini par échouer, conduisant par la suite la société à se restructurer puis à vendre sa technologie de méthionine biosourcée au groupe Evonik pour se remettre en selle.

L’acide butyrique valorisé

Le projet présenté aujourd’hui a ceci de nouveau qu’il met en scène l’acide butyrique, un acide organique dont Metex n’avait pas souligné le potentiel jusqu’à présent mais qui est un co-produit connu de la production de propanediol à partir de glycérine.

Cette unité de production permettra de commercialiser directement l’acide butyrique en nutrition animale ; la société vise à terme 20% du marché de l’acide butyrique naturel dans cette application. Le PDO qui sera commercialisé via des accords de distribution vise le marché de la cosmétique (50% du marché visé) et celui du textile dont le PTT (40% du marché visé). Il se positionne comme le premier concurrent du 1,3-propanediol biosourcé de DuPont Tate & Lyle, produit à partir de sucre de maïs aux Etats-Unis, avec l’avantage d’être non OGM.

Parallèlement, Metex précise qu’il poursuit ses initiatives en matière de R&D. Le premier axe de ses recherches porte sur la diversification des matières premières de son nouveau procédé phare. Le second vise à développer et amener à maturité le procédé de fabrication monopropylène glycol (MPG) dans le cadre du projet européen ValChem en collaboration avec la société finlandaise UPM, l’ Université de Darmstadt et SEKAB. Le troisième axe porte sur l’élargissement de son portefeuille de produits, encore confidentiel.

Information financière

Au 1er trimestre 2017, Metabolic Explorer a réalisé un chiffre d’affaires de 1,1 M€. Ce montant correspond, d’une part, aux revenus contractuels perçus sur la période dans le cadre de l’accord de développement signé avec le groupe finlandais UPM – accord visant à développer un procédé de production de MPG à partir de sucres cellulosiques dits de deuxième génération – et d’autre part, au montant perçu dans le cadre du contrat de prestations de services signé avec Evonik lors de la cession de la technologie LMéthionine/inoLa.

Au 31 mars 2017, la société dispose d’une trésorerie brute, norme IFRS, de 39,4 M€ (contre 41,8 M€ au 31 décembre 2016) et d’une trésorerie nette d’endettement de 32,5 M€ (contre 35 M€ au 31 décembre 2016).

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