Acide bioacrylique : Cargill s’empare de la technologie d’OPX Biotechnologies

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La société agroindustrielle Cargill vient de faire l’acquisition de toute la technologie de fermentation de son compatriote OPX Biotechnologies basé dans le Colorado. Cargill ne s’empare pas formellement de toute la société, car les murs et une partie des collaborateurs ne font pas partie de la transaction, mais l’essentiel y ait.

Depuis 2007, OPX Biotechnologies travaille au développement de la plateforme EDGE (Efficiency Directed Genome Engineering) dont l’objectif est de produire, à des coûts compétitifs, des produits chimiques à partir de ressources telles que des sucres, de la matière première cellulosique ou des gaz. Son principal projet, qui porte sur le développement d’acide acrylique biosourcé par voie fermentaire, en est au stade pilote. Il fait l’objet d’un partenariat avec la société Dow Chemical et la production commerciale est annoncée pour 2016. Dans ce domaine, Cargill est déjà associé à Novozymes, pour la production acide 3-hydroxypropionique (3-HP), intermédiaire de l’acide acrylique. En revanche, comme leur partenaire BASF vient de se désengager du projet, Cargill réussit par ce rachat à se rapprocher d’un autre géant de l’acide acrylique, l’Américain Dow Chemical.

En dehors de l’acide acrylique, la société OPX Biotechnologies communique sur un autre programme, encore à l’échelle du laboratoire, qui consiste à produire des acides gras à partir de gaz de synthèse. Ce projet a retenu l’attention du Department of Energy américain qui lui a décerné un prix.

OPX renonce à son indépendance

OPX Biotechnologies, qui pensait faire au départ cavalier seul, en allant jusqu’à la construction de ses propres unités industrielles a finalement changé de stratégie en deux temps. Il a commencé par opter pour le licencing, moins coûteux en investissement avant d’accepter la proposition de reprise de Cargill. Selon l’équipe dirigeante, celle-ci offre la meilleure garantie de débouchés industriels pour la technologie. Cargill dispose pour cela de deux atouts majeurs : il est un important producteur de carbohydrates (la matière), mais il s’intéresse aussi de longue date aux débouchés non alimentaires de la biomasse et aux biotechnologies.

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