A Boussens, BASF produit des alcools gras renouvelables et durables

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Photo Lecarpentier Lydie : Au premier plan de gauche à droite, Xavier Susterac, Senior Vice President Southern Europe, Thierry Henning, président de BASF France, Carole Delga, présidente de région, et Yannick Basso, directeur du site de Boussens.

Article paru début 2018 dans Formule Verte n°33 : Dans le sud de la Haute-Garonne, le site BASF de Boussens produit des alcools gras pour de nombreux secteurs. S’il continue à s’approvisionner en huile de palme RSPO, le site privilégie de plus en plus les huiles européennes, dont le colza érucique qui apporte de longues chaines carbonées.

A Boussens dans le sud du département de la Haute-Garonne, le groupe allemand BASF opère un site pionnier en matière de bioéconomie. Hérité de la société Cognis rachetée en 2010, ce site, créé en 1946, est rattaché à BASF Health & Care Products France. Il est spécialisé dans la production d’alcools gras pour de nombreux secteurs d’activité : cosmétique, détergence, nutrition, peintures et encres, lubrifiants, agriculture et revêtements. Sa particularité est de placer la question du sourcing responsable au cœur de ses préoccupations. De nombreuses variétés d’huiles végétales, donc des matières renouvelables, sont consommées sur le site : tournesol, colza, soja, carthame, coprah, palme et palmiste. Mais le groupe rappelle que renouvelable ne signifie pas forcément durable. En cause notamment, l’utilisation de l’huile de palme et son impact sur la biodiversité. Pour garantir une utilisation responsable de l’huile de palme, le site a décidé, il y a quelques années, d’entrer dans la démarche RSPO (Roundtable On Sustainable Palm Oil). En 2012, il est devenu un des premiers sites du groupe BASF à être certifié RSPO et, depuis deux ans, l’ensemble de l’huile de palme utilisée est à 100% RSPO. Boussens est ainsi en avance sur l’ensemble du groupe BASF qui ne sera certifié à 100% RSPO que d’ici 2 à 3 ans ! « Assurer la durabilité de ses produits est un élément essentiel pour le groupe BASF et cela passe notamment par une utilisation responsable des matières premières. La certification RSPO du site de Boussens a été une étape importante d’un engagement sur le long terme » a d’ailleurs confirmé Thierry Herning, président de BASF France.

A Boussens, ce sourcing responsable passe aussi par un approvisionnement local. L’huile de colza utilisée vient par exemple d’Europe, en particulier de France et d’Allemagne. Et en quatre ans, la consommation de cette huile a pu passer de 12000 t/an à 30000 t/an, représentant plus de 50% des approvisionnements du site. Les approvisionnements en huile de palme et autres huiles exotiques sont passés mécaniquement au dessous de la barre des 50%.

« Nous souhaitons aller plus loin » a même déclaré Yannick Basso, directeur du site de Boussens. « L’alcool gras à partir d’huile de colza riche en acide érucique est le produit phare du site qui se différencie de tous les alcools gras dans le monde ». Il explique que l’alcool gras dérivé d’huile de colza à haute valeur érucique se caractérise par une prépondérance de chaînes carbonées en C22, quand l’huile de palme ou le coco conduisent à des chaînes en C12-C14. Et par la suite les applications divergent. Les chaînes courtes seront appréciées en détergence quand les chaînes longues trouveront des applications dans les crèmes cosmétiques pour apporter des textures grasses particulièrement prisées par les populations asiatiques. « Mais on aura toujours besoin d’un peu d’huile de palme. L’idée est de pouvoir choisir l’huile en fonction des applications » ajoute Yannick Basso.

Un engagement salué par la présidente de région

Ce site exemplaire n’a pas manqué d’intéresser Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, qui est venue le visiter le 1er décembre dernier. Lors de sa prise de parole, elle s’est montrée particulièrement sensible à cette thématique de la bioéconomie : « Notre région a été marquée par l’accident d’AZF. Nous devons démontrer que dans la chimie, l’aspect développement durable est de plus en plus pris en compte ». C’est ainsi qu’a été lancé en région en 2015, le Cluster Chimie Verte avec pour objectif d’inscrire les acteurs régionaux de la filière dans une chimie verte et durable. En tant qu’acteur engagé dans la vie économique de la région Occitanie, BASF s’attache à promouvoir la collaboration avec les acteurs de l’innovation et de l’éducation dans la région. Tout naturellement, il est ainsi devenu membre du cluster.

Enfin, avec un effectif de 107 salariés, le site de Boussens est aussi engagé dans l’employabilité des jeunes de la région. « C’est un sujet très important car nous sommes loin de Toulouse et nous avons une problématique d’embauche » explique Yannick Basso. Son site compte 7 alternants, soit 5% de l’effectif, préparant tout type de diplôme du Bac professionnel au diplôme d’ingénieur. Le site accueille aussi chaque année environ une dizaine de stagiaires du Bac professionnel au diplôme d’ingénieur, spécialité génie chimique ou chimie.

 

Le « biomass balance » pour accroître la part de renouvelable
Le groupe BASF compte actuellement 5,4% de matières premières renouvelables dans ses approvisionnements. Mais le géant allemand a l’intention de faire croître ce pourcentage. Pour cela, il fonde beaucoup d’espoirs dans le développement du principe du « biomass balance » qu’il a développé. Pratiquement le principe « biomass balance » est comparable à celui de l’électricité verte. L’idée de base consiste pour BASF à utiliser des ressources renouvelables certifiées durables, comme du biogaz ou du bio-naphta, en complément de ressources fossiles au niveau de ses vapocraqueurs, en fonction des demandes en produits issus de matières premières renouvelables des clients. La part biomass balance est alors attribuée arithmétiquement à certains produits selon une méthode certifiée par l’organisme TÜV SÜD. Elle peut varier de 25 à 100 %, selon les souhaits du client. Et avec des caractéristiques de produits absolument identiques à celles de l’équivalent fossile.

 

Les principales fabrications de Boussens
– atelier de transestérification des huiles végétales en esters méthyliques utilisés dans des solvants pour produits phytosanitaires, des diluants pour peintures ou dans des composants d’encre d’imprimerie offset,
– ateliers d’hydrogénation des esters méthyliques et de purification par distillation pour produire des alcools gras, dont les alcools cétyliques (C16), stéaryliques (C18) ou béhéniques (C22) utilisés dans des crèmes cosmétiques ou des liquides vaisselle,
– atelier de stérols extraits des résidus de distillation pour produire des stérols végétaux utilisés comme agents anticholestérolémiants dans les margarines
– production d’acides conjugués linoléiques (oméga 6) pour l’alimentation animale et des esters éthyliques dérivés d’huile de carthame pour l’alimentation humaine.

 

 

 

 

 

 

 

Photo DR : BASF privilégie le colza de source européenne.

 

 

 

 

 

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